‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 104 sur 114 · SÉRIES ANONYMES · texte numérisé non relu

SÉRIES ANONYMES

Oe même qu'il y il des séries dont les tétradrachmes ont été retrouvés , tandis que les drachmes, demi-drachmes et bronzes correspondants sont demeurés inconnus ; de même il est naturel de supposer qu'il y a des séries dont les bronzes seuls nous restent. Cette supposition est confirmée par des monnaies de cuivre dont les inscriptions, les sujets, le style attestent mie époque antérieure à l'époque impériale. Comme les Athéniens ont frappé de l'argent jusqu'à Auguste, comme il y a une corrélation parfaite entre l'argent et le bronze, je n’hésite point à dire que les tétradrachmes qui correspondent aux bronzes de ce genre ont existé, nous manquent, et seront un jour découverts. C'est pourquoi je les réunis eu séries qui l'esteront anonymes tant que l'argent n’aura point été retrouvé,, puisque l'argent seul porte les noms des magistrats.

Nous avons vu sur les monnaies d’Athènes la marque des rois dont l’histoire a été mêlée à celle des Athéniens, et auxquels les Athéniens ont élevé des statues ou rendu des honneurs publics. Ainsi Démétrius Poliorcète, Ptolémée 1er, Ptoléinée Philadelphe. Bérénice, Séleucns, Lysimaque, Antio- < luis, Mithridate, figurent sur IcX tétradrachmes par leurs symboles ou par leurs noms. Pyrrhus manquait, car nous savons qu'une statue lui avait été élevée sous le vestibule de l'Odéon (l). A quelle occasion? C’est ce que l'histoire ne nous apprend point, et ce que la numismatique semble pouvoir nous apprendre.

les bronzes que je réunis sur la même planche offrent tous la Pallas Itonienne qui figure sur les monnaies de la Thessafic et sur les monnaies de Pyrrhus (a). Pyrrhus avait pour elle un fuite particulier. lairsqu’il eut

(I) PaujutDia», I, ii. ,

KrltM, Dortr nun «• tt., II, p. I7î.

battu Antigone, roi de Macédoine, et exterminé les mercenaires gaulois qui composaient en grande partie l’armée d'Antigone, il consacra les dé-

pouilles de ces barbares, que la Grèce redoutait, dans le temple de Minerve Itoniene. Le temple était situé entre Phères et tarisse . en Thessalie; Plutarque (il et Pausanias (a) nous ont même conservé l’inscription que Pvrrlius fit graver au-dessous de ces trophées :

Tvj; (bproù; 4 MoXoffsù; lvuvtôi iwp ov Aôxva xsù Spscctwv ixit jrx3e» l'aLariv,

' risivv* t4v Avrcpv«i xatkiwY «psrriv où grj* Üïùimc

Ai/jurrat xxi vuv xxi irépoi Atxxvtai.

A Athènes, Antigone et les Macédoniens étaient odieux autant que le nom des Gaulois était redoutable. I»i victoire de Pyrrhus délivrait les Grecs de leurs craintes. Pyrrhus lui-même était d'ailleurs populaire par ses entreprises héroïques : il était le seul roi dans les veines duquel le sang d’Alexandre coulât encore. L’histoire nous dit avec quel empressement il fut appelé dans le Péloponèse : il est probable que, lorsqu'il assiéga Mégare, il fut eu relations plus étroites avec les Athéniens. Ceux-ci, soit pour rappeler la défaite d’Antigone et les dépouilles consacrées sur le mont Iton, soit pour plaire à Pyrrhus en donnant droit de cité à sa déesse protectrice, firent graver sur leurs monnaies Minerve Itonicnne. I>c serpent figuré sur un des bronzes la rattache aux traditions et au sol de l'Attique : la tète de cheval

(I) l'K dt Pfrrlnu, XXVI. (I) Caunuûu, I, 11.

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