D’UN K FABRIQUE ASIATIQUE
Pour achever déclasser les tét rail racli mes d'ancien style, je ne dois point omettre des pièces d'une fabrique particulière, qui ne semble point athénienne. Je citerai d’abord le tétradrachme gravé le premier sur la planche qui suit. Il a été trouvé dans le canal du mont Athos avec trois cents dariqnes que l'on suppose y avoir été enfouies lors du passage de Xerxès. Je ne puis discuter la valeur de cette trouvaille, à laquelle je n’ai point assisté; ce tétradrachme appartenait à M. le baron Belir, et je vois ces détails consignés dans le catalogue de M. F. I.enormant (t). la pièce a-t-elle été mêlée aux dariques par une fraude qu'il n'est plus possible de constater? Faut-il croire que Xerxès avait fait frapper des monnaies au coin athénien, afin de s'assurerdes relations plus faciles avec les pays qu’il allait parcourir ? L'une et l'autre suppositions sont vraisemblables. Ce qui est certain et mérite d'être signalé aux recherches ultérieures, c’est que le tétradrachme de la collection de M. Belir n’a aucun des traits de la fabrique attique. Il est très-compacte, coupé comme dans une tranche épaisse de métal, frappé à la façon des dariques : son poids est bien attique. La Minerve a un œil de profil trèspetit, et un net recourbé qui rappelle assez le type oriental. Je le répète, je donne cette pièce comme une curiosité, mais sans en tirer aucune conclusion. Une conclusion exigerait un plus grand nombre de faits.
I-e second tétradrachme est de poids attique, quoique un peu plus faible (2), et de fabrique étrangère. Il a été rapporté de Syrieet se trouve aujourd'hui entre les mains de M. Rollin. Une pièce semblable existe en Angleterre. J’avoue que j’ai considéré avec une grande déliance cette pièce, dont les bords ont éclaté sous le marteau, dont l’argent, quoique
(1) P. 3», nu 303. l-a pHf« gr. 10 crnlig. (3) |fi grammee Du rentigramim-»
d'un titre très-fin, n’a point l’aspect de l'argent du Lauriunt. I.a disposition des lettres, la forme bizarre substituée à l'E, que M. de Saulcy croit
être la lettre phénicienne saïn; l’absence de l' A. qui ne laisse aucun sens au O, qui ne parait plus une lettre grecque; le 0, qui n'a plus de valeur en grec, s’il est seul, et n'est pas une lettre phénicienne; une légère bavure sur les lèvres de la Minerve, tout me rappelait qu’il existe aujourd’hui en Syrie une fabrique de fausses médailles. Cependant un examen attentif, le témoignage des meilleurs connaisseurs ont dissipé en partie mes doutes. J'ai cru devoir publier cette pièce, afin d’attirer l’attention plus vivement sur un point tout à fait nouveau.
La pièce qui est gravée au-dessous de la précédente élargit encore le champ des conjectures. Elle est publiée par M. de Prokesch parmi les Monnaies inédites de sa collection (i). M. «le Prokesch a eu l’extrême obligeance de m’envoyer de Constantinople l'original. Sur la joue de Minerve est un crabe comme contre-marque ; sur la tète de la chouette une feuille frappée profondément avec un poinçon, cette fois afin de pénétrer dans la pièce et d’en prouver la pureté. Semblable aux «lerniers tétradrachmes de l’ancien sty le, eette pièce est «le fabrique asiatique, comme la première, d’une grande épaisseur, et présente «laus le champ, à droite «le la chouette, des caractères qui n’ont qu’une analogie lointaine avec les caractères phéniciens.
(I) Intdtia mtuier Sammlung., j>l. Hl, f. 77.