‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 18 sur 114 · LA DRACHME ET SES DIVIS10.N · texte numérisé non relu

LA DRACHME ET SES DIVIS10.N

que deux Cabires immolent leur troisième frère. Je comprends bien ce dualisme que M. de Witte a démontré dans un savant mémoire (1), et que M. Gerhard a explique à son tour (a) sur une Imite de miroir étrusque; je comprends ce dualisme sur le tétrobole et le triobole, où sont représentées, d'un côté la Minerve casquée, de l’autre la Minerve jeune fille, que l’on a pu prendre pour un Apollon (ü), parce que, dans les tètes archaïques, la coiffure elle-même ne peut servir à distinguer les sexes, l/idée de déesse guerrière et de déesse pacifique, de Parthénos et de Polias, de Promachos et d'Krgané, peut se retrouver sous ce dualisme, et avoir |>ris la place des idées astronomiques qui se rattachent au nom de Gorgo. Mais pourquoi trois Minerve sur une même pièce? Ne serait-ce point, sous une forme plus développée, la triade lunaire, Minerve, Diane et Proserpine, représentées d’abord par les trois jambes? Cette hypothèse si naturelle est détruite par la monnaie elle-même. Les deux tètes adossées sont couvertes toutes les deux par une visière de casque (4), qui justifie pleinement l'explication de M. de Longpérier. Sur la face du trihémiobole on a voulu retracer l’ancien mythe de la double Minerve; sur le revers est la jeune Minerve, la vierge invincible, l'unité dans le polythéisme attique.

A mesure que les monnaies se rapprochent du beau temps, des pièces deviennent moins rares; plus elles sont petites, plus l’exécution en est fine et soignée. Athènes semble avoir recherché la perfection pour les 'monnaies tpii ne devaient servir qu'a son usage bien plus que pour celles qui devaient être exportées par le commerce. Pour les tétradrachmes, la pureté du titre était surtout nécessaire; pour les divisions destinées aux transactions locales , il semble qu’on ait exigé eu outre le plaisir des yeux et les jouissances de l'art. Je classe divers spécimens par ordre, d’antiquité : les types, autant que la disposition des lettres, tantôt rétrogrades, tantôt disposées capricieusement, seraient un avertissement suffisant. Après foliole archaïque, qui offre la chouette tournée à gauche et renversée comme les lettres 3 0 A, se place le trihémiobole, où la chouette, de face, étend ses

(l)Bull- de l’Acail. de Bruxelles, VIII, 1, p. 3* et fui v, (54 Zwri Minfrvm, Berlin m». Cf. I^normatil et «le Witle, f.lUe de* Mon. c*ramogr.t I, p. 59» et suiv.

(3) Voycx le Traité de 11. de Prokesch dan* les Mémoire! de l’Académie de Berlin, IR4H, p. lo. Je roc défie beaucoup des têtes d'Apollon publiées par Mattéi i Vcrona Ulutt., IIP partie, p. î(VO) et par Guarnacci (Orif. iial.,

Il, p. 301, et pl. vin, 4). Il parai! également difficile d'admettre ce qucdit Tyehsen {Sacirt- Gninnj.atmwfni. V, p. 3fl3 et suivantes).

(4) l.e comte Winchel*ea(Haym, Ta. I, p. I«t)a tu dans celle représentation l'union des deux sexes par le mariage et unCéceops .t double visage. Kcfchel (11, p. 309) doute avec rat»oii de U valeur de cette explication.

deux ailes, que surmontent deux feuilles d'olivier. Knsuite le diobole, comme pour justifier son nom , porte une douille chouette qui n'a qu'une seule tète, symbole de la double Minerve unie en une seule divinité (i). I.etriobole, ou la demi-drachme, est caractérisé par la chouette de face, encadrée à droite et à gauche par une guirlande d’olivier. I .a drachme répète simplement le tétradracbme. J en donne deux qui appartiennent au plus lieau temps de l'art, car leur charmant archaïsme n'empèehera personne d’y reconnaître le siècle de Périclès.

Des divisions principales de la drachme, si nous passons aux divisions de foliole, nous trouvons, après foliole de style libre, îles petites pièces qui appartiennent également au développement parfait de fart : le tritémorion on î j il obole, reconnaissable à ses quatre croissants adossés, le pentérhalkonou à 8 d obole, valant 1 chalkus, dont les trois croissants entourent comme d’uncercle les lettres ABE; f hémiobole, un peu forcé de poids, ainsi qu’il arrive à mesure que les fractions sont plus petites, a |ioiir signe la chouette de face, surmontée de deux croissants. On le trouve aussi avec la chouette de côté. I je trihéntitartémorion ou 3 8 d'obole a pour symbole le ealathusde Minerve (a). Knlin le tartémorion, ou quart d'obole, a un seul croissant. Parfois, mais cela est tris-raie, une pousse d'olivier remplace le croissant. Kn dernier lieu sont ligures à la page suivante deux

1} M. tierhard publie r^.tU'incnt une chouette avec (î .V. Lelir. Aumiim, UrU,, p. 26, a cru que celte une télé douille. (Zirci Minerve», la planche}. Cf. du pièce riait un larleniorion au-dessus du poids. Mat» la Wittr» loe. cil. Le» iik uic-. auteur* rilenl plusieurs vases diflrreDcc élan! de moitié en sus, nous trouvons par la le panaUiénaïqocfi avec la double Mitu-n v. trihcjuitartcmorion M. de Prokesch l a trvs-bko rrconuu.

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