d’hekté ou un huitième d'obole d’or fau (Cabinet
— Ha collection 0,10
Je mentionne pour mémoire une petite pièce bractéate qui pèserait à peine, si elle était entière, a centigr. et serait l’équivalent exact, sans multiplication, du tartémorion d’argent (o, 18), puisqu’elle pèse dix fois moins.
Ainsi, sur neuf divisions que nous supposons, huit ont déjà été dérouvertes , et une dixième, que l’on n’aurait osé attendre, se présente meme, qui ne pèse que 9 centigrammes (selon l’usage, le poids est forcé jusqu'à 10) et équivaut à un demi-tartémorion. Aussi, pour cette seule raison, se demande-t-on si les Athéniens n'ont point frappé d’hcmitartémoriou en argent, puisque l'argent et l'or se subdivisent dans un rapport parfait. Je trouve, pour confirmer celte opinion, un hémitartémorion et un quart de tartémorion d'Kphèse, pn argent, dans la collection de M. W’addington. I a seule pièce d’or qui manque encore est le tiers du statère (rpim). Je ne doute pas quelle ne soit un jour retrouvée.
Le poids de toutes ces monnaies, en tenant compte du frai , qui est de quelques centièmes de gramme, correspond avec la plus juste précision au
LA MONNAIE D'OR
poids de l'argent. I<e demi-statère a même a centigrammes de plus, et l’hémiobole ou obole d'or excède sensiblement son poids normal , puisqu'elle donne 76 centigrammes au lieu de “a, soit par suite de l’habitude qu'avaient les Athéniens de forcer le poids dans les petites divisions, soit que cette pièce eût été frappée dans un moment où l'or était à meilleur marché et où Athènes assurait ainsi plus de faveur à sa monnaie. Quand Démosthène écrivait son discours contre Phormion, l'or ne coûtait à Pantieapée que sept fois son poids en argent (1). Athènes pouvait avoir profité de ce bon marché, tout en maintenant à l’or sa valeur normale de dix fois l’argent ; mais il était aisé de forcer le poids.
Si l’on s’étonne de voir les Athéniens diviser l'or avec tant de subtilité et arriver à frapper des monnaies pesant 2 centigrammes, je ferai remarquer qu'au-dessous de l’obole ils frappaient des bractéates. Ils prenaient une feuille d'or suffisamment résistante et la marquaient d’une chouette incuse, c’est-à-dire en creux d'un côté, en saillie de l'autre, les cinq divisions de l'obole qui sont au Cabinet et celle que je possède sont des bractéates ineuses Ainsi l’on obtenait une étendue plus considérable de métal, et les monnaies n'étaient plus aussi sujettes à se perdre. Quant à la petite division qui pèse moins de 2 centigrammes, je ne pense pas qu elle ait eu cours comme monnaie. M. Meynaerls a publié dans la Revue île Numismatique belge (2) une pièce semblable qui a été trouvée dans un tombeau à Athènes. Je suis très-éloigné de partager l’opinion de M. Meynacrts sur l’antiquité et l’importance d'une aussi petite monnaie; je serais, au contraire, porté à supposer que cette délicate feuille d'or était principalement destinée aux morts : c’était l'obole qu'on leur mettait dans la bouche; c'était moins qu'une obole, puisque la valeur de l’or n’était que d'un tartémorion, c’est-à-dire de trais ou quatre centimes. Ainsi le mort emportait le prix de son passage dans la barque infernale sous une forme plus fastueuse en apparence, plus économique en réalité. Le système des bractéates, qui permettait aux Athéniens de diviser l'hekté avec tant de facilité, est une révélation pour les modernes Quelques savants seront tentés peut-être de rejeter la théorie que j’expose et de ne voir dans les bractéates qu’un orne-
(I) Lenoraunt, Hrvut nuMismatiqwe, nouvelle wne, (1) i*4î,p 3*4. M Mryturrl* fait rcifioolrr rrUc ISM, p- 1&2. Cl. fkzcklt, staatih. dtr Ath.,Vt dit., piece jusqu'à la guerre de Troie, t-poque tvculéc ou le* 1. 1, p. 37. Grecs, assurément. ne frappaient ni or ni argent.
lit
ment repoussé Ou qu’une olliandc destinée au tombeau des morts. Si j'ai besoin d'autorités, j’invoquerai celle de M. lamormant , qui a procuré au Cabinet de Paris eette précieuse collection de bractéates attiques et les a classées parmi les monnaies. Je m'appuierai surtout sur la corrélation si parfaite des poids; ces poids sont le sceau de l’Etat; ils déclarent, aussi bien que la cbouelte frappée comme symbole, que c’est là une monnaie véritable, publique, garantie. Il est très-prolrable qii'au-dessous de 18 centigrammes, c'est-à-dire du liuitième d'hekté, les divisions furent surtout destinées aux morts : elles étaient, en effet, trop minces pour résister à un usage fréquent ; mais, au-dessus de ce poids, les bractéates sont assez épaisses, assez résistantes, pour avoir pu circuler de main eu main (i).
V quelle époque remontent les monnaies d'or d'Athènes? Question controversée, comme toutes les questions de style, qui laissent beaucoup à
l'appréciation personnelle. M. 1-enormant (a) attribue l'ensemble de ces monnaies à l'époque la plus brillante de l'hégémonie des Athéniens et croit impossible d'en placer l'émission plus tôt que Citnon et plus tard que Périclès. M. de Prokesch place la fabrication de l’or au temps de Philippe, et
(|i J’ai «u jadis une Uractêalr de Sjcvone, de graud télé, Mélos le fruit Elle* m'oni donne et O* ,10.
module, avec la cqIoiuW volant a gauche} je n'ai pu la potd» attiquea Ugrrement foroéa.
pewr; niai* j'ai pesé deux bractêate* de Tmëdo* et de (3) Page 3 du Mémoire tur Itt Rapport t de for à l'ar- Meloa, qui sont au Cabinet de Pane : Tcuédt*»* La double ?enf. Cf. VExsm tur le* Stattm de Cfzûfite, paauin.