LH CUIVRE
Le désir d'unité a présidé manifestement à la création du nouveau système et du nouveau style. Car, non-seulement le télradrachme, la drachme et la demi-drachme sont identiques, mais les monnaies de cuivre ellesmcmes présentent, au début, le même type que les monnaies d'argent : la chouette sur l’amphore est entourée d'une couronne d’olivier p^u r les pièces plus grandes nu d’une couronne d’épis pour les petites pièces ; les noms
des magistrats sont supprimés, mais leur symbole reste dans le champ auprès de la chouette, comme leur marque distinctive. Ainsi , trouvant le trépied dans le champ, sur un bronze, je sais avec certitude que ce bronze a
été frappé sous Polêmon et Alcites , magistrats qui ont le trépied sur la monnaie d’argent.
Par là se révèle aux modernes un principe de classification. Aussi , en constituant les séries, ne séparerai-je point les monnaies de cuivre des tét rad rachmes , des drachmes et des demi-drachmes. Quand les monnaies de cuivre manquent dans une série, je ne dis pas qu’elles n'ont point existé; je dis qu’elles n’ont point encore été retrouvées. De même que si les tëtradrachmes manquent dans une série où nous avons la drachme et les bronzes, j’attends avec confiance la découverte des tétradrarhmes ; car l'unité et la régularité ont été la loi du nouveau système. Toutefois, on ne s'attacha que pendant peu d'années à copier sur le bronze la disposition des pièces d’argent : on s’aperçut qu’il n’était pas nécessaire de graver des coins trop compliqués pour le bronze, et l’on supprima la chouette sur son amphore. Mais les symboles qui n'étaient qu’accessoires sur les monnaies d'argent , devinrent le sujet principal sur la monnaie de cuivre ; ils prêtent donc toujours à un essai de classification. Cette classification présente de grandes difficultés, parce que plusieurs svmlioles paraissent avoir été répétés à des époques différentes. Ceux qui ont étudié les bronzes d'Athènes comprendront mon embarras et examineront avec d'autant plus d’indulgence un classement que je me garde de donner comme toujours certain. Qui peut dire, par exemple, quels magistrats ont fait frapper la monnaie où la chouette est posée sur l’amphore et dans une couronne ( i )? Quant à la pièce avec les lettres A©H, et la chouette sur le bord de l’amphore, elle est des derniers temps de l'art. Je 11e l'ai donnée que pour montrer la décadence du type
<i) Je ne donne qu en note, parrt' que je ne l'ai point
vue, aiii' pièce tout \ fait surprenante qu'a publiée Har-
wood ( l'opulorum ef Hrçum telecfa numumnta, pi. I). Sous une tète d'Apollon, qui semble dwwinr* dan* le style romain, on lit TPIA. C'est la seule inscription de ce genre qui se rencontre sur les monnaies dAtluiuv Le révéra présenté la chouette sur une amphore allongée outre mesure, et les trois lettres initiales nous forcent à reconnaître que cette pièce, si elle est authentique et bien dessinée, appartient, en rffet, à la numismatique d'AUta-nt*. J’atoue que c'est précisément le dessin qui éveille ma défiance. Quant aux lettres TMA , je n>n vois pas l'explication ; mais je pense qu'avant d’étre expliqué, an monument aussi singulier a besoin d'être confirmé et qu'il ne mérite que les soupçons. Je ne le publie donc de nouveau, après Hanvood, que dans une note, de même que j'ai relégué précédemment dans les notes les pièces que j écartais de la numismatique d'Athènes.
LUS TYPES DU NOUVEAU STYLE
primitif. [<es lettres employées sur le cuivre ne répondent pas toujours aux lettres employées sur l’argent; je veux dire que les bronzes n'étant j>oint exportes hors d Athènes, il n’était point nécessaire d’écrire AÔE par un E. Hans le principe, on garda l’E par goût de l’unité; peu à peu l’H s’introduisit : on finit même par écrire la légende entière, A©HNAinN.
Je donne, comme une exception , des bronzes de deux époques voisines, avec la chouette tournée à gauche. D’ordinaire, la chouette est tournée à
droite; seules les monnaies archaïques en or et en argent, avec le carré creux , la représentent tournée à gauche. Les bronzes de ce genre sont rares et attestent, à un moment donné, un retour vers les habitudes archaïques.