‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 38 sur 114 · LES LETTRES D AMPHORE · texte numérisé non relu

LES LETTRES D AMPHORE

IUI

d'amphore qui nous apprennent ce détail ; car on voit que Dronioclidès a l’A, le B et peut-être les deux lettres suivantes; Théodore, TE et le Z ; Hégéas, l’H ; Hégias (est-ce le même nom avec un changement d’orthographe?), le O, 1*1 , le K, le A et le M. Ensuite se présente une troisième série où Apellicon, l'ami et le complice d’Aristion, le triste chef de l'expédition contre Délos, préside à la monnaie. Gorgias est second magistrat et choisit un symbole qui rappelle encore celui de Mithridate, un griffon, celui de tous les animaux fabuleux qui se rapproche le plus du Pégase. I,es troisièmes magistrats paraissent eu plus grand nombre, mais ils ne sont pas encore douze; ce qui fait supposer que pendant le siège d’Athènes par Sylla on songeait peu à reprendre les traditions régulières. C'est pourquoi Diogène a l’A et le B; Deinias, le A, l’E et l’H.

Non-seulement les circonstances politiques devaient exercer cette influence sur les fonctions monétaires, mais l’état du trésor devait aussi en rendre l'exercice inutile. Dans les années où le trésor était épuisé, quand les mines du Laurium, progressivement appauvries, avaient peu rendu, quand les esclaves qui les exploitaient s’étaient révoltés (par exemple l’année oit Héraelite était stratège), la fabrication de la monnaie était fort compromise, et un nombre considérable d'officiers monétaires n’avait rien que de superflu. Il faut songer à tous ces secrets de l'histoire, chaque fois que I on voit les troisièmes magistrats peu nombreux dans une série et se partageant les lettres d’amphore; mais il convient île bien remarquer que les douze lettres restent, comme marque de responsabilité; seulement chaque troisième magistrat en prend plusieurs. Ainsi, dans la série qui a Nicétès et Dionysius pour premiers magistrats et la Gorgone pour symbole, on voit Déniosthène au troisième rang avec l’ A, le B et le T, Kmbius avec le O, le M et peut-être d’autres lettres. De même dans la série qui a pour symlmle une couronne, et pour premiers magistrats Hieésius et Asclépiadès, Tisiclès a le B, le T et l’E; Théodore, le Z, l'H, le 0, le K; le M. I-a série. d'Eumélus et de Calliphon nous montre également Dioclès avec le A et l’E; Héraclidès avec l’E , l'H, le 0, le A, le M. Amphicrate et Épistratos nous montrent Aristéas avec l’A, le B, le T, le A, le M, tandis qu’Hrrodore n’a que le A, Eudèmus, l'H, Eumaelitts, le O. Andréas et Chariuantès, à leur tour, ont Criton avec l’A et le B, Aniynomus avec le A, IE, le Z, Démétrius avec l'H, le K, le M. Aropus et Mnasagoras ont

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Apollonius avec l'A, le B, le T, le A, le Z; Pliilimis reprend le Z et continue avec l'H; Déméas a seulement le O. Je ne dis rien des séries comme celles de Démétrius et d’Agathippns ou de Dosithée et de Charias, où les troisièmes noms ne sont pas reconnaissables et où tout n'est que confusion.

Toutefois ccs exceptions, ces déviations à l'ordre établi sont rares; car je viens de les citer presque toutes, et l’on voit que, sur une centaine de séries, le nombre des irrégulières est très-petit. Je le répète, la pauvreté du trésor ou les circonstances politiques en donneraient toujours l’explication, si l’histoire d'Athènes {vendant les trois siècles qui précèdent l'empire romain nous était mieux connue. Mais le système de responsabilité n'était point pour cela affaibli : chaque magistrat répondait de trois ou quatre lettres qui lui étaient attribuées, et toutes les pièces qui les portaient, soit seules, soit avec son nom, pouvaient lui être représentées le jour où elles étaient reconnues fausses.

A côté des causes générales, il y a des causes particulières, des accidents dont il faut tenir compte lorsqu'on étudie la succession des troisièmes magistrats. La mort frappait quelquefois un ofiieier monétaire pendant l'année de son exercice. Une maladie, un départ subit , un congé obtenu, bien des motifs qui appartiennent à la vie privée, et pour lesquels la critique ne peut avoir qu’un regard rapide, suffisent {tour expliquer des anomalies passagères dans telle ou telle série. Un collègue prend la lettre du mort ou de l'absent; voilà pourquoi, dans des séries parfaitement régulières, tel magistrat se trouve avec deux lettres : il n’est alors qu’un remplaçant, et il subit sa part de responsabilité, sans qu'il y ait aucun changement de lettre. Dès lors nous ne serons plus surpris devoir sous Ammonius et Galbas, premiers magistrats, Alcippus signer de l’H et du ©; sous Aphrodisius et Diogène, Thrasvllus avoir le B et le T. Quelquefois il semble que l’absent revienne pour reprendre sa place et sa lettre avant que le mois soit achevé. Sous Nicogène et Calümaque, Andréas a le A et le M, et, à un moment donné, Ariarathe, qu'il suppléait sans doute, reparaît et continue la lettre M. Bien plus, sous Damon-et Sosicrate, Criton a dû suppléer deux de ses collègues, car il a 1 A, le B et le T, tandis que scs successeurs n’ont qu’une lettre chacun. Par contre, dans la série d'Eubulidès et d'Agathocle, trois magistrats se partagent l’A, Théodore, Philocratc et Lysippe, peut-ctre parce qu’ils se sont succédé coup sur coup. Qui prétendrait, même par conjecture,

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