‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 39 sur 114 · LES LETTRES D’AMPHORE · texte numérisé non relu

LES LETTRES D’AMPHORE

entrer dafts tout le détail des accidents particuliers? Je n’ajoute qu’une dernière remarque, c’est qu’on retrouve assez souvent les mêmes noms dans diverses séries, et surtout dans des séries qui semblent voisines par le style. Les mêmes citoyens ont donc pu, à plusieurs reprises, être chargés de ces fonctions; ce qui ferait croire qu’ils étaient choisis dans chaque tribu , et non pas désignés par le sort.

lai lettre îles troisièmes magistrats est gravée sur le ventre arrondi de l'amphore, c'est-à-dire sur la partie la plus saillante du tétradrarhme. la plus exposée à s’user par le frottement. Il en résulte que souvent la lettre est effacée ou |>eu reconnaissable. Il ne faut donc point accuser de négligence les auteurs de catalogues qui n'ont pu bien saisir des (ormes vagues et fugitives. L'A, le A, le A, sont des lettres faciles il confondre quand elles commencent à devenir frustes; l'E, le Z et le K — l’I et le T — l’H et le M. sont dans le même cas. (Test ainsi que des auteurs qui ne partaient point de ce principe que les douze premières lettres étaient seules gravées sur l'amphore, ont pu lire un N au lieu d'un M, un O au lieu d’un 0. Ou me pardonnera des rectifications justifiées par un nombre de comparaisons considérable.

On ne manquera point d’être parfois étonné fie la forme du Z , auquel certains graveurs se sont plu à laisser son ancienne forme I. Quand il est seul, comme dans les séries de Polycharme et de N’icogène, de Polémon et d' Alcétès, de Ménédême et d'Épigène, de Diogène et de Posidippe, de Danton et deSosicrate, l’explication est très-simple : c’est ce goût d’archaïsme qui a toujours présidé à la fabrication de la monnaie athénienne. Mais dans les sériesde Timarque et de Nicagoras, d’Aristion et de Philon, les deux formes Z et X se trouvent simultanément. Peut-être ne faut-il voir dans ces variations que le caprice du graveur.

Enfin l'on rencontre quelquefois sur l'amphore, non pas des lettres simples, mais des monogrammes; il est vrai que cela est très-rare. Par exemple, Combe publie (i) une pièce de la série de Cléophane et d’Epithétès, qui a sur l’amphore un monogramme composé d’un N et d’un B. Ta* même auteur en donne une autre (a) de la série de Mentor et de Mosrhion avec un monogramme composé de E, fl , 0 Comme le musée limiter est confié

(I) Musée Itunter, p. M, n* CO

,1) MH., p. », o* Ci.

à des personnes qui le tiennent sous triple ciel, je n’ai pu obtenir les empreintes de ces pièces : le témoignage de Combe avait cependant besoin d'être confirmé. J’ai vu, dans la série à monogrammes (la t8*)qui présente une palme derrière la chouette, des lettres sur l'amphore qui s'écartent complètement des règles que nous avons reconnues; ainsi, au musée britannique, on lit sur l’amphore un K et un <t> renversés (<t> N ). Je possède un tétradrachme de la série d'Eubulidès et d Agathocle, où l'amphore porteen monogramme un A, un B et un A D'autres exceptions, qui s'expliquent peut-être par les causes que je viens d’exposer, seront citées en leur lieu. Ces irrégularités n'ont pas d'importance, car je n’en ai relevé que six.

Page 1