LES MARQUES D'ATELIER
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officiers monétaires, mais les esclaves publies qui frappaient la monnaie, étaient atteints à coup sûr, si des pièces altérées étaient mises en circulation.
On me demandera quelles preuves je puis alléguer à l’appui de cette conjecture : aucune autre que l'étude comparée de presque tous les tétradrachmes connus. C’est de cette comparaison même que ressort naturellement une telle sup position ; c’est cette comparaison qui force à écarter toutes les autres hypothèses. On se trouve ainsi procéder par élimination : ni la. signature du graveur, ni le nom d'un magistrat, ni une date historique, ni un chiffre, ni les initiales d'un dème, ne peuvent résister à un examen approfondi. Au contraire , à mesure qu'on observe, de série en série, le retour régulier des mêmes sigles; à mesure que l’on compte cinq ou six de ces sigles dans chaque série, répétés indifféremment avec chaque troisième magistrat et chaque lettre d’amphore, on reconnaît qu’il n’y a que des noms de lieux qui puissent persister ainsi sans que le temps les écarte ou les renouvelle. Or ces lieux, quels seront-ils, sinon les ateliers de l’hôtel de la Monnaie, de l'aipyjpoMxewv, que signalent non-seulement les auteurs (i), mais les inscriptions (a)? Selon Suidas et Harpocration, on voulut plus tard changer ce nom d îpYupoxiinwi en celui de m[miijpHv. la1 * 3 mot àpyvpoxoïtiïbv devait blesser, eu effet, les esprits sensibles à l’étymologie, à une époque où Athènes ne frappait plus ri' argent , mais seulement de la monnaie de bronze. C’est alors, peut-être sons les premiers empereurs, qu’on aurait tenté d’introduire le mot mijiivréfwv, de même que nous appelons le Timbre l’édifice où l’État appose son sceau , sa marque sur le papier destiné aux contrats entre particuliers.
1 /àfpipoxoïnwv était un des monuments d’Athènes : tous les étalons des poids monétaires y étaient déposés, sous la garde d'un héros, qui jouait à Athènes le rôle de Juno Moneta à Rome. Bœckh a le premier fait ce judicieux rapprochement (3). Ce héros, que l'on appelait le Stéphanéphore , Bœckh n’a pu découvrir quel était son véritable nom. Lorsqu'il publia, en i85l, la seconde édition de son beau livre sur Y Economie politique ries Athéniens , il commenta de nouveau (4) l'inscription grecque, qu'il estime postérieure à la lôa* Olympiade. Il reproduisit les mêmes réflexions, n'ayant
(1) Harpocration , Suida.» , l’boliu», m terbo.
(1> Bceckh, C. I. G., p. tu. n* I3J.
(3) Conjeci id beroum in ipaa moneta fuisse atque in
eo pondéra raonetana esse asservais, ut Bouts in Juo<> ois Mouets io Capilolio (toc. cil.).
(4) Stnatth. <tcr Ath , t. Il, Beilageu, p. Ml.
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sans doute fait aucune découverte sur un point que les auteurs de lexiques n'ont pu éclaircir. Car ils se contentent de copier avec plus ou moins d’exactitude l'Atthide d'Hellanicus, et déjà, au temps d’Hellanicus, on ignorait ce qu'était le Stéplianépliore. J'aurai l’occasion plus lard, en publiant la série inédite île Nieogène et de Callimaque, ainsi que la série toujours mal décrite d'IIicésiuset d’Aselëpiadès, de montrer que le nom de Stéplianépliore n’est qu'un surnom, comme celui de Doryphore, de Diadumène, d’Apoxyomène, île Cliduclius, de Stéphanéplokos. Or le propre d'un surnom, c'est de faire oublier l'attribution véritable d’une œuvre d’art. Ce peuple, frappé de l’attitude caractéristique d'une statue qui portait une couronne, perdit bientôt le souvenir de la tradition, et telle fut la force de l’habitude que les actes officiels eux-mêmes, les inscriptions, employèrent le mot de Stéplianépliore. On verra la copie de cette statue qui tient une couronne à la main dans la série de Nieogène et de Callimaque : elle est de style archaïque, représente un héros nu , et j’essayerai de prouver, par le témoignage des auteurs et la comparaison des monuments figurés, que ce héros n'est autre que Thésée, le fabuleux inventeur de la monnaie, selon la tradition attique, que la critique’ moderne rejette, mais quç les Athéniens tenaient pour vraie et qu’ils devaient s’attacher à confirmer par des monuments durables. Thésée, tenant la couronne d'Amphitrite, symbole des trésors gagnés par la navigation et le commerce maritime, avait son sanctuaire dans la Monnaie, et présidait à l’intégrité des poids monétaires déposés dnns ce sanctuaire. Mais je reviendrai avec plus de détails sur ce sujet.
Hardouin, dans son A ntirrhetieus (i), parlant des ateliers monétaires de Constantinople , reconnaît qu'il n'y avait qu’un seul hôtel des monnaies, une seule basilique, ainsi que le prouve la description de Cftnstantinople publiée sous Théodose le Jeune. Mais dans la même basilique il y avait plusieurs ateliers : c’est ce que les lettres A, B . V lui semblent indiquer, et il cite de même dix ateliers à Antioche, sous les empereurs; huit à Carthage; deux à Cv/.ique, sous Phocas ; dix à Siscia, eu Pannonie ; quatre à Ravenne ; deux à Narbonne. M. A. de Barthélemy a combattu ces conclusions (a), soutenant qu’il n’y avait jamais eu plus de trois ateliers monétaires à Alexandrie, ,i Constantinople, à Rome, à Antioche, à Cyzique, etc. Je ne prétends point
;n Paria, l»«9, p. là fl *uivai»t» (1) Krrur numuautliqur, IIVB, p. 1 7«.