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LES MARQUES D’ATELIER

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justifier le moins du monde les allégations du père Hardouin; je rappelle seulement ses remarques et celles de M. de Barthélemy, afin de mieux faire comprendre, par l'analogie, l’organisation de r«pyup*xoi«îov d’Athènes.

Il n'y avait qu'un seul édifice; mais dans cet édifice ou comptait plusieurs ateliers : chacun des ateliers était désigne par son nom, et ce sont les initiales de ce nom que je suppose avoir été gravées an lias îles télradrachmes. Certains ateliers, ceux qui signaient ME, E4>, EO on Efi, par exemple, étaient en permanence : on les voit en activité sous presque tous les magistrats. Ces autres n'apparaissent que plus rarement et à de longs intervalles. JJ'est-il pas permis de croire qu’ils ne fonctionnaient que dans des années où le numéraire aliondait et où l’émission était considérable ? Dans les temps moins heureux, un petit nombre de monnayeurs suffisaient ; mais dès que la fortune souriait aux Athéniens , dès que leur commerce , qui ne cessa pas d'être leur unique ressource , l’exigeait , on rouvrait les ateliers fermés, on en disposait de nouveaux dont les noms changeaient selon le caprice des temps, et l'on frappait par milliers ces tétradrachmes, souvent d'un style si négligé, et toujours d'un titre si pur, que le monde entier recherchait et qui furent recherchés jusqu'au dernier jour.

Maintenant quels étaient ces noms, qui ne paraissent sur les monnaies que par leurs initiales? J'ai essayé vainement de compléter de telles abréviations. Il est évident que plus elles sont concises, plus le champ ouvert à l’imagination est vaste.

Assurément l’on complétera certains sigles par des noms de divinités, tels que AN[auu; , AriO[LX*v, AH[|ir,rsp, AIO[vyff(* , EPfgTiç, HPAjxLx;, IEI î ; ou par des surnoms (il faudrait mettre tous ces mots au génitif), comme KTH[«o; pour Jupiter, En[viqa pour Diane, MH[rxp &im pour Cybèle. Ces divinités sont, en effet, représentées sur la monnaie d'Athènes; mais combien de sigles se refusent, en échange, à être développés déjà sorte. Peutêtre préférerais-je encore, surtout en songeant aux éponymes des dèmes et des tribus, des noms de héros, de jversonnages illustres, tels que AA[iJaXv;, Eni[{uvi&i«, MENE[sfitu;, nEP[ix>Tî, EOAfuv (i); d'abord parce qu’il me semble peu religieux d’employer ainsi les noms des divinités; ensuite parce que du nom d'un dieu dérive presque toujours un nom d’homme .

(I) £OA . compli-mfDl du Mille £0 ne «e trouve M. de Tccco et de iu» collection : tou» les dm a *pque sur dcui exemplaire» précieux de U collection de pnrttenuen! o b *érir. dlléroclidc et d'Kucli «.

AN , AnO]XXwvi<a; , AH[[iHTj>Mi{ , AIO|wcio; , EP| uùKÀrî . H PA xLltJx; , l2lf)upo;, etc.... Par conséquent il y aurait plus de latitude pour remploies sigles. Mais il y a des sigles tels que EM<t>, BIA, qui se refusent k être complétés, même par des noms propres. Par un rapprochement singulier, les sigles APP et £<t>AI ne paraissent pouvoir être restitués qu'en formant Àifnyôpsi et ïyonpicvpa : or l'on sait quel rôle jouaient k Athènes les Arrhépliores ou F.rrhéphores, et la Sphseristra était leur séjour dans l'Aerojiole pendant qu'elles brodaient le péplus de Minerve (i). Faudrait-il donc mêler aux noms de héros et de personnages des noms de lieux, des titres de fonctions politiques on sacrées? Faudrait-il citer les cnnei du théâtre de Syracuse, qui portent gravés les noms des reines ?

Je n'ai pas besoin de dire que ces restitutions seront tout k fait arbitraires tant que la découverte de quelque document nouveau ne leur aura pas donné un caractère de probabilité scientifique. J’ai cherché bien longtemps et avec une patience peu récompensée : d'autres seront peut-être plus heureux. C’est à cause de cette espérance que je donne des hypothèses vagues et des résultats insuffisants qu’il m'était facile de ne point publier.

(I) l/Acropoif d'Athènes, l. II, p. 79*-

LES SÉRIES A MONOGRAMMES

Les séries à monogrammes sont les plus anciennes, les moins nombreuses et les plus difficiles à classer. Elles ne |>ermeUent point d'adopter l’ordre alphabétique, puisque leurs monogrammes se peuvent décomposer de plusieurs façons, et fourniraient à divers observateurs «les noms divers. J'ai essayé de les disposer par ordre chronologique, en prêtant aux symboles accessoires une signification politique en même temps que religieuse. Je veux dire que, tout en reconnaissant qu'ils sont les attributs de telle ou telle divinité, de Minerve ou des divinités dont le culte est uni à celui de Minerve, j’y trouve des allusions, soit directes, soit détournées, à des laits contemporains. Les monogrammes ne paraissent pas avoir duré plus de trente ou trente-cinq années, depuis la guerre lamiaque jusqu’à la première partie du troisième siècle. Alors l'histoire d'Athènes nous est encore un pen connue : c'est pour cela qu'il in’a été permis de chercher des rapprochements historiques, et de voir sur la monnaie nn reflet des principaux événements qui ont signalé chaque année. Plus tard, il me sera impossible d'appliquer ce système, sinon à de rares intervalles, parce que l’histoire sera muette et laissera la vie d’Athènes dans les ténèbres. Je n'ai point jugé nécessaire de faire reproduire les faces des diverses séries, parce qu’elles présentent toujours Minerve. Il en est de même pour les monnaies de bronze. Tous ceux dont on ne verra pas les revers dessinés portent Minerve sur la face. Grâce à cette convention, je n’aurai besoin de faire reproduire que les faces sur lesquelles une divinité autre que Minerve, on bien d'autres symboles auront été gravés.

J'ai dit déjà que j'avais essayé eu vain d’établir une classification chronologique à l'aide du poids, du titre, du style. J’ai reconnu promptement

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ou a vu plus haut pour quelles raisons) que de telles luises n'avaient rien qt»e de changeant et de trompeur.

Comme toutes les monnaies que je réunis dans les planches sont d’argent on de bronze, j’ai |>ensé qu'il suffisait de marquer les bronzes par les lettres Br. Celles qui n'ont point de lettres sont des monnaies d'argent. On distinguera facilement le tétradrachme par son grand module, la drachme par sa ressemblance avec le tétradrachme et la chouette posée sur l'amphore; la demi-drachme n'a plus l’amphore et le revers est toujours entouré d'une couronne d'épis, tandis que les divisions plus grandes sont entourées d'une couronne d’olivier. la? nouveau style n'offre point de divisions inférieures à la demi-drachme. L’argent seul, v compris la demidrachme, porte les noms des magistrats, et les porte toujours. Ce détail suffirait à le faire reconnaître sur mes planches. N'ayant point à craindre île confusion, j'ai pu classer les monnaies d'après la ressemblance des symboles. Parfois les bronzes paraîtront postérieurs à la série d’argent qui crorespond à leurs symboles, soit qu’ils portent l'inscription A0H, soit-surtout qu’ils offrent la légende complète AOHNAIflN J’ai déjà reconnu cette difficulté, quoique les Athéniens aient pu, pour des monnaies qui ne sortaient point du pays, s'écarter de l'orthographe établie depuis des siècles, et ne graver les lettres traditionnelles AOE que sur l’argent. Je ne puis rien affirmer sur ce point, ni hasarder un principe général. En étudiant chaque série en particulier, j'exposerai les remarques qu’elle m'aura suggérées.

LES SERIES A MONOGRAMMES

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