‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 45 sur 114 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

TÉTRADRACHMKS.

A sur l’amphore : Cabinet de Paris ( Mionncl, n* 5a); Musée britannique (trois exemplaires, ef. I^cake, HeUcn nu/n ., p. a4); Musée de l'Ermitage (Saint- Pétersbourg); Berlin (deux exemplaires); Munich; Gotha; Amsterdam (ce tétradrachme est fourré); Musée Hunier (Combe, pl. X» f. 8, et page 56, n°* lit et lia); Musee de la Propagande (Rome); collections de MM. de I^agoy, Six van Hilligoni, de Prokesch (deux exemplaires) , Monligny ; ma coh lection (deux exemplaires) ; M. Curt, marchand à Londres (Cf. le Catalogue de la collection Schachmann, Leipzig, 1774» p. 6l). L’A est «l’un relief trèssensible et rouvre toute l'amphore.

.Sans 1*A , qui est effacé : Cabinet de Paris ( Mionnet , n° 5i ); Musée Tliorwaldsen Muller, Musée T/ionm/d ., p. 69); üi Haye; collection de l’auteur; M. I^ambros, marchand à Corfou (sans A, Goltzius, t. III, pl. XV, n° a?).

DRACHMES

Cabinet de Paris (deux exemplaires pesant 3, 98 et 4>°5); Cabinet de Vienne; Copcnliague.

J’ai essayé de démontrer précédemment pourquoi le nouveau style parait avoir été adopté après la mort d’Alexandre, quand Athènes fit un efTort suprême pour relever sa puissance, son commerce, sa monnaie. Je classe la première de toutes cette série, parce qu’elle est la plus belle et la plus originale; par ce mot, j’entends qu’elle accuse le premier essai, la création

du type nouveau; on y reconnaît, plus que sur toute autre, la main de l’artiste distingue chargé d'arrêter un modèle que les graveurs de la Monnaie devaient dès lors toujours imiter. La tète de Minerve, qui rappelle d'une manière sensible les pièces d’or d’Alexandre, est traitée avec une ampleur et un sentiment sculptural que nous ne retrouverons pas sur les séries postérieures, où l'on recherche plutôt une certaine richesse qui rappelle l’archaïsme. Les chevaux, qui sortent à mi-corps du front de la déesse et forment la visière de son casque, ont un relief et une saillie considérables. Soit que les Athéniens aient été choqués de cette exagération, soit qu'ils aient voulu simplifier le travail et les frais de gravure, les chevaux furent, dès la seconde série, réduits à des proportions beaucoup plus petites et allèrent toujours s'amoindrissant. Pour moi, autant je blâmerais dans une statue en ronde bosse une visière pareille et ces animaux qui s'avancent en piaffant au-dessus du visage d'une déesse, autant, sur le relief d’une monnaie, je préfère un parti franc et une certaine audace d’exécution à des ornements qui, en sc réduisant, deviendront mesquins et plus bizarres. Pour cette raison, les tétradrachines de cette série me font reconnaître encore la main d’un maître.

Si l'on considère le revers, encadré d’une couronne d’olivier touffue et soigneusement exécutée, où la chouette est d’un noble caractère, l’amphore pleine d’ampleur; si l'on obsçrvc la simplicité des dispositions, l’aspect décoratif des grands monogrammes qui se font pendant à droite et à gauche, mais qui bientôt se réduiront, comme les chevaux, on ne refusera point à ces monnaies une beauté digne d'un artiste (que ce soit ou non Aspasius); elles paraîtront le type, le premier modèle des séries futures.

Iæs lettres A©E ont été omises. Cet oubli, que nous ne constatons que sur deux séries, celle-ci et la suivante, indique encore à notre attention un artiste célèbre, qui travaille par exception pour l’hôtel des Monnaies, plutôt qu’un graveur de profession, attaché à ce genre de travail, qui n'eût point négligé assurément de tracer les trois lettres traditionnelles, propres à recommander les tétradrachmes d'Athènes à la faveur du monde entier.

Un fait non moins singulier, c’est que sur vingt et une des pièces qui nous sont parvenues on trouve l’A; les cinq dont l’amphore est fruste portaient sans doute un A également. 11 est naturel d’en conclure : d’abord que les Athéniens ont dû frapper une bien grande quantité de tétradrach-

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mes i< cette époque, puisque nous retrouvons en nombre considérable les tétradrachmes qui devraient être les plus rares de tous, étant les plus anciens; ensuite que l’émission de cette première séries été brusquement arrêtée, et qu’au lieu de passer de l'A au B, au T, comme le voulait la succession des mois et des troisièmes magistrats, on a adopté tout à coup de nouveaux symboles et constitué prématurément la seconde série. La victoire de Léosthène sous les murs de I*ainia (■) explique cette interruption, et les deux trophées que nous voyons paraître sur la série suivante, à la place des deux monogrammes, justifient l’impatience de l’enthousiasme national. On voulut aussitôt graver sur la monnaie ees glorieux symboles : au lieu d’attendre l'année suivante, on arrêta le cours d'une série à peine commencée; voilà pourquoi nous n'avons que des pièces marquées de l'A. D’un autre côté, nous en avons un assez grand nombre, eu égard à la durée de ce type, parce que les Athéniens, dès que la mort d’Alexandre leur eut donné le signal de la liberté, de la lutte, et des vastes espérances, durent ordonner aussitôt une émission immense de tétradrachmes : ne leur fallait-il pas. outre les charges de la guerre, payer et armer la plupart des peuples grecs? Pendant le règne d'Alexandre, Athènes avait pu, à la faveur de la paix, grossir son trésor. Je ne dis rien des sommes distribuées par Harpalus: mais Darius lui-même avait envoyé trois cents talents aux Athéniens pour faire la guerre à Alexandre; ce dernier en trouva la preuve à Sardes, dans les comptes de Darius (a).

I es pièces de cette série sont en général un peu frustes : celles que j’ai pesées ne m’ont donné que ifi grammes 10 centigrammes, ifi,ao, i6,3o, |B,35. D'après ce que j'ai exposé dans un précédent chapitre (3), il n'y a point de calcul à établir sur les variations des poids. On peut fixer un maximum de 17 grammes, que dépassent bien rarement les tétradrachmes de nouveau style ; mais la conservation inégale de chaque exemplaire ne permet point de fixer une moyenne incontestable.

Quant aux monogrammes, il est aisé d’y reconnaître plusieurs lettres et plus aisé encore de les combiner et de les compléter à son gré. Ainsi, le monogramme de gauche décomposé donne A, T, O, T"l, P, JE; celui de

(I) LêosUtcBc et ms enfants furent peints par Arrêta- de Jupiter ci de Minerve, au Pirée. (Pausaau», I, I laùe, et leurs portraits, commandés sans douta par le (1) Arrien, ExpedUtvn d'Alexmdrt, 1, 17. peuple athénien, furent placés dans le temple commun (3) Voyez page 103.

droite, A, T, I, N, Z, T. Avec ce» éléments l'imagination peut, en se jouant, former des noms divers ou des commencements de noms. Je m'interdirai en général ces restitutions ; il nous suffit de savoir que les noms écrits en monogrammes sont ceux des magistrats monétaires.

Enfin, je signalerai un exemplaire qui est au cabinet de Paris : c'est le n° 5i de Mionnet. On voit dans le champ, à droite de la chouette, une petite palme gravée à la pointe avec beaucoup de finesse et de précision ; c'est, je le suppose, le passe-temps d’un apprenti graveur. Sur un tétradrachme de Ptolémée Ier Sôter (n“ 38 de Mionnet), j’ai remarqué un dessin semblable, gravé également à la pointe. Je signalerai un exemple curieux de grallito sur une pièce qui porte les noms de Nicogène et de Callimaque.

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