‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 46 sur 114 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

Je ne connais que deux tétradrachines de celte prérieuse série : relui du Cabinet de Paris est le plus beau ; celui de Berlin parait marqué d’un I sur l'amphore.

f, 'absence du nom d’Athènes, c'est-à-dire des lettres A@E, qui se remarque uniquement sur ces tétradrachmés et sur les tctradrachmes précédents est un fait mémorable; il est difficile de croire que ces deux séries ne soient pas contemporaines, puisqu'elles sont les seules qui dénotent une omission, bien plus, une faute politique qui sera promptement réparée. Je suppose postérieures les pièces avec les deux trophées, parce que la tête de la Minerve s'éloigne déjà du type primitif, les chevaux du casque étant beaucoup moins forts de proportion et de relief.

UES SÉRIES A MONOGRAMMES

Pourquoi deux trophées sont-ils substitués aux monogrammes , dans le rhamp, à droite et à gauche de la chouette? La nouvelle de la défaite d'Antipater par Ijéosthène auprès d’Hérnclée et de la défection des Thessaliens. qui abandonnèrent Antipater, dut causer aux Athéniens une joie profonde (i). C’était au milieu de l’été de l’an 3a3. Il semble que les deux trophées aient été gravés à cette occasion; la série courante (la première) qui passait à peine de l’émission A à l’émission 8, fut interrompue pour donner cette satisfaction à l’orgueil national.

Quelques personnes songeront peut-être, en voyant ces symboles, au double Palladium , au Palladium véritable que Démophon, fils de Thésée, reçut de Diomède, et au Palladium qu’il fit fabriquer pour tromper la colère d’Agamemnon (a). Mais, si l’on considère avec attention les symboles, on reconnaît le tronc d’arbre qui supporte les armes constituant le trophée. D’ailleurs le Palladium tiendrait une lance de la main droite. Il suffit de comparer les simulacres semblables figurés sur les monuments (3) pour écarter toute idée de Palladium.

Les deux trophées représentés sur la monnaie de cette époque tne rappellent un fragment du sophiste Himérius, où il fait dire à Thémistocle (4) qu’il voudrait consacrer à Minerve, dans l’Acropole, un double trophée, symbole de la défaite de Neptune et de celle des Perses. A Marathon, les Athéniens avaient élevé un trophée de marbre blanc (fi).

Les trophées étaient consacrés à Minerve comme déesse de la guerre et surtout de la victoire. Les monnaies de Pergamc avec le trophée et l'inscription AQHNAî: NIKH<t>OPOY, que l’on a longtemps attribuées à Athènes, en sont la preuve. Ainsi, il faut rapporter au culte de Minerve les deux trophées destétradrachmes, qui ne rappelaient que par un détour, par une allusion, la victoire de Fa-osthène. Car je pense pouvoir démontrer par le détail, que les images des divinités n'apparaissent sur les monnaies athéniennes

(1) Diod. Sic., XVIII, 11.

(9) Polyen, Strntog. I, 9. Cf. Harpocralion el Suida» TicinoXlaBita. Le Palladiumétait situé dans la ville basse, auprès de lllissus (Gerhard, Mgtholog., I, p. 930}. Scion les Athéniens, ftuzygrs avait etc chargé par Démophon de rapporter de T rote le Palladium véritable, tandis que Démophon lui-méme, pour tromper Agameuinon, fri* goait de défendre énergiquement un faux Palladium, dette tradition ciplique l'inscription du C. L G., n* 491.

Voyez, sur te double Palladium, Arehnnloçlache Zutung, 4* année (1840), pi- XXVII et page 903 el suivantes.

(3) Dans le Mémoire de M. Gerhard, V ber die Minerren idole Atken» , on verra des exemples du Palladium avec U lance (pl. IV, f. 8 et II; pl. II, f. I, 9 et 31.

(4} Himérius, Eeioga V, éd. Dubner. Paacbalius / De Cornais, I. VII, citap. xit) a pris pour un fait positif le souhait quTlimérius prête à Thémistocle.

(3) Pauun., I, 39;cf. 1,3«

qu autant que ces divinités sont en communauté religieuse avec Minerve ; bien plus, que les attributs ou les symboles se rattachent au culte de Minerve ou au culte des divinités unies à Minerve. La monnaie étant consacrée à la déesse, personne ne sera surpris de cette logique et de cette unité dans le symbolisme monétaire.

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