QUATRIÈME SÉRIE
A sur l’ampliorr : dans la rnllrrtion de M. de Timoni à Vienne).
Z Cabinet de Paris Mionncl, n* /(Il ) ; Mus. t Hunier Cal ! Combe, |d. IX, f. 3o .
0 Cabinet de Paris Mionnet, n* 4s).
1 Dans ina eullection.
Je possède un seroiul exemplaire sur lequel la lettre {1 amphore est elTaeee. Elle est effacée également sur les autres exemplaires du Cabinet de Paris (Mionnet, n° 4o), de Berlin, de Turin, du Musée britannique (Taylor Combe, Mus. hril., p. 126, n* 17).
J’ai trouvé pour poids 16,20, 16, 3o, 16, 35, 16, 85, 16,90. Comme la différence de conservation est toujours cause de fluctuations très-notables dans les poids, depuis 16 grammes jusqu'à 17, comme d'ailleurs les anciens ne s'appliquaient point à couper leurs monnaies avec la précision rigoureuse îles modernes, n’exigeant que pour la mine ou 1 étaient la moyenne normale du poids, je m’abstiendrai dorénavant de citer des chiffres qui ne m’ont donné aucun résultat, ou plutôt je ne citerai que les particularités dignes de remarque. .
J'ai classé cette série après les deux précédentes, parce qu elle m'a semblé toute voisine par le style et par la fabrique. On dirait même que le symbole est une inspiration détournée des symboles précédents: la physionomie de l' Hermès , avec sa base rectangulaire et son caducée, rappelle assez bien l'aspect des trophées. Je ne serais point éloigné de croire qu'aux débuts
les si: ni es a monorhammes.-
du nouveau système, on ne mît une certaine timidité à changer les symboles et à innover chaque année : on n'innovait que progressivement et par nuances. I.a tradition et l'intérêt commercial devaient retenir tes esprits.
Quel sens politique faut-il prêter à l'Hermès figuré cette année-là sur les monnaies? Comme il y avait des Hermès dans les gymnases, dans les écoles, dans les jardins oit professaient lés philosophes (le gymnase bâti par Ptolémée portera même le nom d'Hermès), je me suis demandé si ce n'était point -une allusion à l'exil des philosophes, chassés d'Athènes par lïnlliience de Tassandre en 3ifi, ou plutôt à leur rappel en 3i r>? Mais quoique déjà Athènes ne se soutînt plus aux yeux du monde que par la gloire de ses écoles . un tel événement ne parait point mériter de figurer sur la monnaie, surtout à cette époque. Il se pourrait encore que l'un des magistrats monétaires de la série appartînt à la famille des Céryces , car les Céryces prétendaient descendre de Mercure et d’Aglaure, fille deCécrops (i,).
Du reste , on a cru longtemps que les tétradrno limes représentaient, non pas un Hermès, mais te Jupiter de Labranda. Mionnet a nommé le Jupiter de laihrandu ; M. Cavedoni a voulu justifier cette attribution (a)enrap|ielant que la famille d'Isagoraà- sacrifiait au Jupiter des Cariens (3), et que l’athénien Mélésandre avait navigué, en remontant le Méandre (4)> jusque dans laliante Carie. Mais en comparant un certain nombre d'exemplaires, j’ai jm me convaincre que la statue gravée à gauche de la chouette n'était pas un Jiqiiter avec la lance et la hache double, ou la double hache surmontée d'un trident, telle que la tient le Jupiter de Labranda. Un médaillon frappe sous Géta, à Mylasa, nous montre même une statue archaïque dont les bras sont soutenus par des broches ou attachés au sol par des chaînes.; niais le dieu n’est point terminé en pilier. On trouvera , dans la Nouvelle ipi/erie rtt) t/iologû/ue (5), des dessins sur bois qui retracent diverses représentations du Jupiter Lahrandeus, et l'on pourra se convaincre que la statue de ce dieu n'a rien de commun avec un Hermès.
Au contraire , si l’on hésite à reconnaître un caducée dans la main d'un Terme, je renverrai à un monument semblable delà colleetion Maffei, publié par Montfaueon (G). C’est bien l'Hermès Hégémonios oii Enodios des Athe-
(1) l'âiir, I, 39; An>tide, H trust m., |>. 93?. (4) Patmnis», I, 29
(2) Ntmurt. rfi rfltg. mor.rtUt., I.V, p. 227, et (Mlle. (i' lenomunl, p. 33.
(J) Hérodote, V, «c (ft) AntUf. erpHq., 1. 1, pl. C3ÎI.VIII
KM
niens, celui qui montre le chemin (i); à ce titre les polémarques lui olîreut îles sacrifices publics. Nous mous un Dermatikim de la quatrième année de la i t Ie olympiade (a), oii l’ Hermès Hégéinotiios est nommé parmi les divinités auxquelles le poléinarque sacrifie. Qui ne sait, d'ailleurs, en quel honneur Mercure était tenu par les Athéniens, et combien de milliers de statues on lui avait élevées depuis le temps de Pixistrate (3)?
I . union de Mercure avec Minerve a été consacrée par de nombreux monuments et par les bustes d'Hcrmathcnes qui sont la personnification vivante de ce double mythe. Mercu re parait dès le seuil de l’Acropole, souscea célèbres Propylées (4) consacrés à Minerve ; il partage le sanctuaire de Minerve Krgané (5) ; bien plus, dans le temple de Minerve Poliade, il y avait un Mercure ch bois, le pl us révéré de tous, parce qu’on le croyait consacre par Cécrops G). Il était caché sous des branches de myrte. Surles vases peints , Mercure assiste Minerve dans sa lutte contre les géants (7). Sur un tétradrachme de ma collection , on distingue les plis que forme la dnqierie snrson bras droit serré contre la hanche. C’est la pose que les sculpteurs ont donnée aux philosoplies et aux orateurs : ce rapprochement n’est pas indigne d’attentioir.
CINQUIÈME SÉItlE
Je ne connais qu'un seul exemplaire de cette série : il es! dans ma collection.
(I) Arislopt).. />!«(. v. 1 l«0. Arrien, K.otcoss;,
(1) C. L G., n" t}7, Itiiiie Hits H,; favlst -w ‘Ppe?
r» f.vtpovK.» t!«p4 azpxrr,yûri .
(.1) Maury, Huf.dm Beltg.dela »#/.,!. |l,p.41 (4) Cf, Gerhard , MythoUpe, t. I, p. 2*3, 0.
(ji) Paint., 1,33: (Ï.I Acropole d' A thèmes, I. Î.p-Jll. (fi; Pau»., I, 27.
(7) De Wilte, Calai burand, n* 32 : Mercor* rt Miurne conjhaUtuit deui l'aUaiilides Souérnl lou* «km proté^eol Hercule (Elite de t Mon Cermn., I, p). *6).
LKS SÉHIE8 A MONIH’.HAMMKS.
Je if sais s’il en existe dan» des collections privées qu i! nv in'a point été possible de connaître ou d’explorer. las Musées, du moins, n’eu possèdent point. Les monogrammes, que la complication des lettres empêche d'ordinaire de développer avec certitude, embarrassent ici, au contraire, pu I leur simplicité. Il v a tant de manières de compléter les svllabcs AP et MH'.
I a- vase, ligure1 à droite de la chouette se retrouvera dans deux des séries suivantes, avec la même forme et les deux épis passés dans les anses, (Test donc nn symbole important , qui mérite d'être expliqué, et qui se rattache à quelque grande cérémonie de l'Attique, puisqu'il paraît à trois reprises sur la monnaie. Il a été décrit jadis comme une lampe. Je ne crois point nécessaire de réfuter cette interprétation. On citerait avec aussi peu de vraisemblance le thyniiatêrioH , ou brûle-parfums, quoique sur les monnaies de brome, oit le symbole devient le motif principal , on distingue un couvercle découpé, percé de trous, comme pour laisser passer la fumée odorante. Je ne serais point embarrassé pour rattacher ce symbole à Minerve, car les inventaires du l’arthénon nous montrent, comme lui étant consacrés, un thymiatérion en bois doré, un autre en argent avec un support de bronze , offert par Gléostcata, fille de Nicératus (l). On en verrait encore dans une inscription de la 4' année de la gH* olympiade (2). Toutefois, j'avoue que cette explication 11e me parait point admissible. Les deux épis qui ornent les anses du vase, ees anses elles-mêmes, se concilient niai avec le thymiatérion. Les épis surtout doivent diriger nos rec herches vers le culte de Gérés et les diverses cérémonies des Mystères.
Je remarque, dans les auteurs, trois noms de vases qui servaient aux Mystères. J’écarte le xts-,-,; , réservé aux mystères de Cyhèle (H). Mais le kwjXiij»; et la «Xtspvyût appartenaient au culte de Gérés. J’ouvre Hésychius : o KoTu>.ina; , petit cratère dont se servent les initiés (4}- s l-a définition est peu précise; mais comme Athénée (5) et Hésychius (6) lui-même nous atlîrment que le mv. Aimes était quelquefois identifié avec la plcmorhor , reportons notre attention sirr ce dernier vase.
. (IJ Bmlh, Sttiais. rfer Ath., UciUi««n. p. la» (&/ U%. XI, p. 196»».
,;*) (but-, p. 36H, ligne 10-11. (*; In v. «kr.awxMl- Ce#t pourquoi jr doutent* <J»
»ï) Cf. PanoftA . Rerhrrchn sur Us rentables «mut l'allnbntiria île M. fîerlurd, qui donne le nom dtf drs msrs frets, p. 71. i*T»ocà un In^différenlde l« plémochoe [Rapporta
(Il Ko™5d5n<s;' i y'.-mix *•. «• (A jijv*- interna i nui l alcr/ifi , pj. XXVfl, I. àtj.
trie
« La plcmochoé, » dit Pollux (i), « est un vase de terre cuite, dont le pied,
« au lieu d’ètre pointu, est large, stable et propre à bien porter. On s en « sert le dernier jour des Mystères, qui s'appelle, pour eetle raison, plémo- « chix: a (ou plutôt piêmochoés, ictuuo/'in ).
Le vase figuré sur les tétradraelimes répond déjà à cette description ; son pied est vaste et pose bien. Athénée, à son tour, apporte un renseignement précieux qui lèvera tous les doutes (a).
« l,a plémochoé, » dit-il, o est un vase de terre, en forme de toupie, d'une « Assiette assez ferme, que quelques-uns appellent xorAw»;, selon le témoi- « gnagc de Pamphile; on s’en sert à Eleusis le dernier jour des Mystères. "
La forme d'une toupie, d'un sabot, voilà, en effet, ce que présente, notre vase : cette conqiaraisQn familière le caractérise à merveille. Dès lors, les épis passés dans les anses ne lions surprennent plus, et nous coin prenons pourquoi cet emblème des Mystères est un monument important , digue de figurer trois fois snr I» monnaie. Du reste, j’ai vu plusieurs de ces vases a Athènes pendant un séjour prolongé. Ils sont en terre jaunâtre, sans peintures, de petite dimension et ornés de simples listels. Le sixième jour des Mystères, les initiés prenaient deux plémochoés, remplies selon les rites. Ils les posaient à terre, l’une du côté de l'Orient, l'autre du côté de l'Occident, prononçaient les paroles mystiques Si, xji, en regardant le ciel et la terre, puis renversaient les deux vases. MM. Creu/.er et Guigninut ont donné un sens • expiatoire à ces filiations (T), et y ont vu des honneurs rendus aux morts. L'expiation pouvait même s'adresser aux divinités du monde supérieur et du inonde inférieur. C’est pourquoi je suis très-frappé de trouver sur un lécytlnis d'Athènes (4) une femme auprès d'un tombeau, tenant à la tnain une plémochoé, un vase à pied en forme vie toupie, avec un couvercle et une croix au sommet, Rien n'est plus propre à confirmer l'explication de MM. Crenzer etGuigniaut.
M. I’anofka a donné le nom de plémochoé à un vase sans couvercle et sans anses qui me parait, par sa forme, justifier bien peu la définition
(I) "Hcti 44 Xtpipovv <yj * |yo* 4Çvr» tèv trul- pûor 44 »vTn> 4v ’KJUvotvt ffj tmv
âiX* è4pa:*-v xai «f-xaipov , .o xi, TtinjTaisp rr,pta*» #t| [LoC. cU.)
tiv jiNKnrr.piw» , sx* «ûtoSi x«ioî>«4 riv/ujrtnr.v ^ Oxro- (3) Guigniaul , Krliy. de tanUq., I. 111 , V partie,
nViiHcoH, X, 10). |>, 7$$r
(1) xipa|A*iW, fHpfcxûiiiî, èipxîoir (4) Annales de t/atlUnt archéologue de Rome,
A9»3tni « MTtifctmo* Ivi9i ttp*^xYopx'Jo-j(jiv, i; çv,<ji H»}»- t- XIV, p. 1 13, lavola d'ayjlunla E.
LES SÉRIES A MONOGRAMMES
il» auteurs (i)j aussi M. litron ne (a) range-t-il vaguement la plémochoc partni les attributions plus ou moins chimériques de M. Panofka. M. Gerhard n’a point indiqué de fomie qui lui parut répondre à ce nom, mais Te vise qu'il appelle r/ijrtrn (3) est d’une forme assez voisine. Je propose donc avec confiance le vase des tétradrnchmes attiques.
Comme la plémochpé avait donné son nom au dernier jour des Mystères, elle ilevenait ainsi le symbole de l'accomplissement des Mystères, de leur entière célébration, |>a r suite, des Mystères eux-mêmes. Aucun souvenir ii 'était plus digne d’être retracé sur les monnaies. Cependant, pour la série qui nous occupe , on pourrait tirer de l’histoire contemporaine une allusion qui donnerait au symbole une double portée, religieuse à la fois et politique. Démétrius de Phalèré , lorsque Cassandre l'eut mis k la tète du gouvernement d'Athènes, usa île son pouvoir et des richesses publiques pour le bien de ses concitoyens et l'embellissement de sa patrie. Il chargea l'architecte Philon (4)' d’ajouter un portique au temple d'Eleusis ipie les grands architectes de Périclès avaient construit sans péristyle , alin que la l'élis, reculant ses murs jusqu'aux degrés du soubassement, contint un plus grand nombre d'initiés. I .r portique élevé par Philon en avant de l’entrée était dodécastyle, c’est-à-dire qu’il avait douze colonnes de façade. Il ne serait pas impossible que l’on eût voulu rappeler indirectement cette décoration nouvelle sur la monnaie, la première fois que les Mystères furent célébrés dans le temple ainsi embelli.
Est-il nécessaire d'établir la parenté religieuse qui unit Cérès k Minerve.' Déjà la chouette, qu'un bronze (5) nous fera voir posée sur le pied de la plémoclioé, nous avertit de la connexion des deux cultes. Cérès était vénérée par les Athéniens presque à l’égal de Minerve (6), à cause de ses bienfaits; et cette vénération ne fit que croître avec les siècles, k mesure que les idées primitives sur Minerve s’effacèrent et que les mystères d'Eleusis étendirent leur popularité. Cette popularité alla grandissant jusqu'à la conquête romaine et après la conquête, fa-s sculpteurs de l’école attique avaient con-
(If Rrch.ttir lesnamtdet rates jrrers.p. 15.pl. III, ( M.
(7) journal des Savait U, 1*33, p. 731.
(3) Kapp, btf. i rati Vole.. pl. XXVII, f. àft. De mt'iiK, I on peut rapprocher df laplémnchnê leva** que M. Gerhard appelle ailleurs Irkane \ note ruerche tulle forme d* raii firrci, p. 13). Ce vase a ritalrmrnt la forme d'une soupière ce qui s'accorde Uni bien avec la des-
tination de la plënwchoe. 11 était naturel qu'un vase qui rappelait le souvenir de» Mystère» et de l'initiation fùi dépose souvent dans In tombeaux.
(k) Vilnivr, préface du livra III $ il.
(i) Voyei la série de Mnasca* et de NrMoe.
(6) Guipniiut. Mémoire* sur le* mystérri de Cerf s fl de l'rosrrpifte, p. !-•
là*
tribué surtout à créer le plus beau type de Cérès et le (dus charmant , de meme qu’ils avaient créé celui de Minerve. Cérès était célébrée aux Panathénées (l), tandis que Minerve prenait part aux Thesmopliories. Ià: navire pajiatbénaîqiie venait jusqu’à l’Kleusinium (a). I.es deux déesses partageaient parfois le même sanctuaire. Je ne dis rien du fronton du Parthéuon, où Phidias avait représenté Cérès assistant à la naissance de Minerve; mais dans un temple sur la Voie Sacrée (S' , on rendait à Minerve et à Cérès des honneurs communs- (4). .
J’ai réuni au tétradrachme unique de cette série des bronzes qui portent également la plétuochoé. Je ne puis dire si les, bronzes sont de la même année : connue nous trouvons la pléuiochoé sur trois séries différentes, on comprend qu’il m’est iinjmssible de rien affirmer. I ai face d’un brohzc nous montre la chouette perchée sur l’olivier sacré de l’Freehthéion, devant lequel est l’autel de Jupiter Hercéius : le serpent familier est enroulé autour de l’olivier. I.a monnaie représente fidèlement la disposition de l'autel et de l’arbre dans l’enceinte non couverte du temple de Pandrose (-5).
SIXIEME SEKIE
Br
Je connais dix exemplaires de cette sérié. Sept sont semblables au dessin qui vient d’être donné, et se trouvent au Cabinet de Paris Mioniiel , n°*4 V), au Musw- britannique, dans les collections de M. de Prokcseli, dr M. de l-agoy, dans la mienne - deux exemplaires1); il faut y joindre, à moins qu'elle
(i) Aristide, I, p. Il, *d. IHtttlorf (4) Voyet Gerhard. f’rt^row , j». tli.rt Vjr >ho-
1i;. PMIofttr .fR Herod. |. || . p •,$. fd. Kstvr , \ I, p 144
(J) l’aus I. 3s. , * ’’ (4) L' tcropol* tTAthènm, t, II, j». 147 rt tstmanU-'
LES SERIES A MONOGRAMMES. (30
ne l.ts-w double <'tn|il<M avec tüie ik* celles que je vieil» de citer , in pièce d.Signee juir Se.tini I/o.,. Hnlnvar. , p. "I i.
last Irai» autre» tétradrachnics- offrent une légère variante. Dans le niuiingrainfne île ilruite, lin T a pris la place île l’Y et sert île barre à I ’ A . (<cs pièces sont à (ïlaseow Mus. Huilier, pl. X, f. 7}, au Cabinet de Paris (Maintint . Suppl , nQ las) et dails la collection île M. île Prokcsi h.
J'ai fait classer sur la même planche un bronze oit la chouette est poser sur tut gouvernail au lieu .d'une amphore; le petit gouvernail du tétradraehme, gravé, non pas dans le champ, mais sous la chouette, autorise ce rapprochement. On n’a peut-être point oublié une drachme qui a été dessinée à ht page 60, et qui représentait également la chouette posée sur nu gouvernail. J’ai dû laisser celte pièce avec celles de l’ancien style; il n'est jias vraisemblable que l’on soit revenu aux vieux types, même pour les petites divisions et dans les commencements du style nouveau.
I.e gouvernail, symbole de la puissance qui régit toutes choses, appartient à la Fortune; elle a surtout alors le caractère de Providence, selon Ottfried Miiller (1). Il est inutile de mentionner les nombreuses représentations de celle déesse sur les monnaies et sur les pierres gravées (a). A Athènes, la Bonne-Fortune, Ày*W Tüjpi, n’était point une divinité récente; c'était une forme de Minerve, protectrice et éponyme d’Athènes. Sortie du cerveau de Jupiter, elle est sa Providence, etovo'it, c’est le -mot de Platon.- D'ordinaire, les mythologues s'attachent à montrer (3) le lien qui unit Minerve à la Fortune. A Athènes, la question est plus simple : c'est Minerve ellemême. Sous le nom de Bonne-Fortune, elle avait un culte ancien et national. Sa statue était dans le Prytanée (4), à côté de celles d'Hestia et de la Paix ; limite bienfaisante qui promettait à l’Etat le bonheur et la stabilité. Une inscription qnidaledel'archoulat deCtésiclès(3'annéedela 1 1 l’Olympiade), nous montre la Bonne-Fortuue parmi les divinités auxquelles les Athéniens rendaient lin culte solennel. Cette année-là, ceux qui étaient charges des sacrifices apportèrent au trésor 160 drachmes, produit de la vente des peaux, tics cornes, des os, en un mot des débris des victimes immolées sur l’autel
0) Honrih tler Kuuxtgrchicktr, J «J. WelckerV i.J' Gerhard. HglMoyir, |, p. t lé et 490.
;3- Voy. Mohïmx. Gnrrrif rie Florence, I, pl. XI, (i).KIian., r4r.Aij/.,rX,3XElirnr»coutéqu'irn jeuiie XXX Ml ; II, pl. XXXY1; (iuitfmaut, Retig. rie l'antnf.. Athénien devint amoureux de c*U« statue, tu4 e||f pl. Cl- bit, S63. j64, el l'explication à la page 333; était belle. Ne pmirnnl obtenir du irnal qu'oa la lui 0|tfr. .Millier, tir Antiq Ant'mrh., pl. 11. vendit, il se tua-
LES MONNAIES D'ATHftNKSi
tl»
île la Bonne-Fortune (l). Une autre fois ils apportèrent 100 drachmes et i olioles (a).
Tout en laissant au gouvernail son sens religieux, ne serait-il point permis de chercher une allusion politique sous ce symbolisme? Assurément la Mie d’un attribut semblable éveillait avant toutes choses, dans ( esprit des Athéniens, la jiensée de la BonnC-I’ortune, de ia Providence; niais ensuite ils devaient songer plus naturellement encore à ia navigation, à leur marine le suppose que l’on ait frappé la série qui nous occupe l’année même où Dernétrius de Phalère acheva défaire construire au Phée les arsenaux et les abris pour les galères, ensemble magnifique, dont Ptiifou était l'arrhileele 3). l„i vue du gobvernail ne rappelait-elle point ans Athéniens cette rerente splendeur? L’allusion politique se dissimulait ainsi sons le symbolisme religieux', afin de ne point enlever à la monnaie sou caractère sacre
A LIE Cabinet Ht Paris . les lettres sont mal gravies spus l'amphore; il y a Tir ijui ait* parait devoir être lit ITE
O ME Musée Hunier; Combe pi, X, f. a) n'a point vu le tliyrse A Collection tir j'aulrur.
Sans vigies, dans la rollts tiori (ji- M tir Prokntt h
Cette série est encore très-rare. Peut-être quelques détails sont-ils itères.
<i It-iskti, ilMtlA. dtr Ath , Mrilw^ïi* p. H®. (t Vlirute, l'râbre Jti livre VII, gts; l'I [nr .
4 de l'inscription. II. N., VII, 37, 38. |*a construction dr <w anciuui itinn
(2) p. I3A, titre 3. tre qu' Athènes tw: soutenait par le mmiru-m t-l lu mer.'
LES SERIES A MONOOR AMMKS.
saircs pour expliquer la présence d’un type bachique sur la monnaie de Minerve. D'aliord, Bacrhus est son frère, et le sanctuaire orné par TJtrasylltts au sommet du théâtre qui portait le nom du dieu, les gradins mêmes du théâtre, étaient taillés dans le rocher consacré à Minerve, dans le rocher de l'Acropole. Il y avait des fêtes attiques, telles que les Osc/iophories e t les Skirn, ou Minerve et Bacchus étaient célébrés en commun (l). Dans les dogmes mystiques «les Orphiques, Pallas sauvait Zagreus, c'est-à-dire Bac- «•hus déchiré en morceaux (a). J'ai déjà parlé de l’assimilation de Minerve et de Proserpine comme divinités de la lune. Je la rappelle seulement parce que Bacchus est en étroite union avec Proserpine : les vases (teints en fournissent «les preuves innombrables (3). la statue de Minerve Pteonia était dans le temple de Bacrhus Melpoménos (4). Je renvoie aux savantes recherches de M. Preller (5) sur les fêtes de Bacrhus : le thvrse ne me parait se rapporter à aucune plus spécialement.
I .es inscriptions nous apprennent quelle était l’impitrtanre des sacrifices que l'on offrait au dieu [tendant ces fêtes : puisque la vente des débris des victimes, dans une seule cérémonie, produisit huit cent huit drachmes. Démosthène s'écriait, en effet, dans la première Philippique (7) : « I .es « Panathénées, les Dionysiaques, sont célébrées au temps fixé ; vous y con- « sacrez, Athéniens, d'aussi grandes sommes qu’aux expéditions mari limes; n mais vos flottes, elles sont toujours négligées. »
Tout le monde sait quels honneurs furent rendus à Démétriiis de Phalère par le peuple Athénien : <tn lui éleva jusqu'à trois cent soixantc-cin<| statues à pied, à cheval, en char (8). Aux Dionysia«|ues , qu’il présidait en qualité d’archonte, les chœurs chantaient ses louanges (9) : peut-être le thyrse rappelait-il ces fêtes où le nom de Démétrius était chanté. Démétriiis fut archonte l’an 3op : dans ce cas, la série avec le thyrse daterait de l’an 3o«i ou 3o8. Cependant je trouve dans l'histoire contemporaine un antre fait qui peut expliquer également la présence du thyrse. l,ors«|ue Démétrius Poliorcète eut chassé les Macédoniens, en 307, les Athéniens furent pr«>digues de flatteries envers leur nouveau maître : on alla même jusipi’à
fl) Atbéuée, I. XI, p. 95,/.
S) Gerhard, HjrMné., 1. 1, p lys, a Ml.
|3Ï Pour l’uoUin de Minerve cl de Bacrhus , f f. Sa pporto infor I rail Voternli, p. 134.
(4) l'a us ,1 a. Vov« la série sleTimustruteet de IN*,-*.
(3) Rtal Fm-fChfnul ir. II, p. I03H.
(«; Buvkh, .Vart/sA. drr Alt., Beilapcn, p. 1 19 et I.M (7) Case la, «d. Ridâtes) Dsogene de Laerle, V, ' ta; Athénée, 1. XII, p. 330, d.
Pli
changé le nom des fêtes de Bacchus, qu’on appela les fêtes de Dénié- I ri us : t* Aiovv»ta }«?«vrf|Aa<îflcv AtijjtyiTfiia, dit Plutarque (i): jadis c’était à l'époque de ces fêtes que Ton couronnait les bons citoyens (2). Dans ce cas, la série avec le thyrse serait postérieure de quatre ou cinq années Mais, entre deux explications problématiques, qui oserait choisir? Dans le premier monogramme, on peut retrouver toutes les lettres du nom de AYEIAJl.