‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 85 sur 114 · KK · texte numérisé non relu

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doublée, à l’exemple de Minerve-Hygiée et de Minerve-Victoire. Mais je ■•rois qu’il convient de renoncer à des allusions subtiles que la statue copiée sur les tétradraclimes ne parait point autoriser; car le nom qui se présente le plus naturellement, lorsque l’on considère les attributs de cette statue, est celui de Diane Brauronia.

Il y avait à Brauron, en Attique, une vieille statue en bois de Diane Taurique : la tradition racontait qulphigénie elle-même l’avait apportée. Plus tard, les Athéniens élevèrent un temple à Diane dans l’Acro- |H)le, et l’appelèrent Brauronia, parce que son culte venait de Brauron. Praxitèle fut chargé d’exécuter la nouvelle statue (t), et je ne doute point qu'il ne se fut inspiré de l'ancien ;«nov, en le rajeunissant , de même que le nom et le culte de la déesse rappelaient le nom et le culte de Brauron. Tous Ic.s cinq ans on célébrait avec une grande pompe la fête des Bran rouies (a), oit I Iliade était chantée par les rapsodes (3).

Maintenant, les tétradraclimes nous offrent-ils la copie du lirtm de Brauron ou de l'œuvre de Praxitèle? Quoique la tenue roide et droite de ht statue ait quelque chose d'archaïque, et ressemble de loin à l'Artémis-Héra et à la Minerve-Chrysé, vieux simulacres que nous retracent les vases peints ;4). je la trouve trop complète pour être uniquement la reproduction d’une idole surannée. Le modius qui orne sa tête, le voile qui tombe sur ses épaules, la biche surtout qui est à côté d’elle et qui relève la tête pour la regarder, sont traités avec une liberté que j’attribuerais volontiers à Praxitèle. Il a laissé à son œuvre les bras anguleux, la pose droite, en un mot, l'aspect de ! idole de Brauron ; mais les détails ont dû recevoir de lui une beauté et une délicatesse dont- une médaille ne pouvait donner aucune idée, la biche me parait surtout caractéristique, car elle rappelait le souvenir d'Iphigénie. Diane avait substitué une biche à la tille d'Agamemnon au moment du fatal sacrifice : or, c'était d’Iphigénie que les Athéniens pensaient tenir le culte de la Diane Taurique (5).

J) P-nüMiitto, I, 33 et 23 i,4,i licrbard,.4ni. BUdtt., pl.CCCIX. M. Gerhard rap-

'2) Piillux. Owmosttctm. VIII, 31. proche Diane et Mincrve-f .hrysé (JfyfAo/.. I, p. 243 .

{3) Hwycluua, la r. (S) Pau*., I, 33-

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Musée Hunter(p. 5l, n* 47)- Voyez kG. I. G., n° 1692.

M. de Prokeach; l'auteur. •

Musée de Turin.

Cabinet de Parme; M. de Proke&ch; l'auteur. lai Cabinet de •

Berlin possède un létradracliine où les sigles sont effacés et uù il ne reste de OOI que 1*0.

M. de Prokeseh; collection de l'auteur.

Cette .série est brusquement interrompue par la mort ou par la retraite d'Alcidamas. Il n’a eu que deux troisièmes magistrats . Thoinion et Dionysins, l'un avec l'A, l'autre avec le B ; mais la série reprend aussitôt. Cléornène, ainsi que nous allons le voir tout à l’heure, prend la place d’Alcidatnas. garde son symbole, et les troisièmes magistrats continuent à se

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succéder régulièrement, ainsi que les lettres d’amphore correspondantes . comme si rien n’avait été changé. Ce fut pendant que Dionysius était troisième magistrat qu’Alcidamas mourut ou se retira; car nous retrouverons le même Dionysius avec Cléomène. Je ne donne donc point cette liste comme celle d'une série particulière; elle doit se rattacher à la liste qui suivra. Seulement j’ai séparé, suivant mon habitude, les deux sections, alin de les signaler plus vivement à l’attention du lecteur.

On a souvent nommé Triptolème la figure qui est montée sur le char ailé. I .es tétradrachmes sont, en effet, frappés si grossièrement qu’on ne |>eiit distinguer si cette figure est un homme ou une femme, un Triptolème ou une Cérès. F.es deux explications sont également vraisemblables: sur les vases peints, le personnage placé sur le char ailé est constamment Triptolème . et cependant je crois qu'il faut plutôt nommer Cérès la figure gravée sur les tétradrachmes d’Athènes (i). J'ai fait graver à dessein un tétradrachme oii T riptolème s’ofTre le premier à l’esprit, parce que le modelé du corps est particulièrement mou et insuffisant, parce «pie les détails de l’ajustement sont supprimés par la négligence du travail ou l’épaisseur du coin, les seins sont accusés, et la draperie qui les doit recouvrir n'existe pas. Pourtant, si l’on considère la coiffure et la ceinture au-dessous des seins, si l'on se reporte à la série d'Apellicon et d'Aristote, où Cérès apparaît aussi avec la corne d’abondance et les épis à la main, en qualité d’Anésidora, c’est-à-dire répandant ses dons; si surtout l’on compare les bronzes d’Athènes qui reproduisent le même motif et nous montrent clairement Cérès, peut-être jugerat-on que les Athéniens ont dû représenter la déesse sur leurs monnaies plutôt que le héros d’Eleusis. Sur ces bronzes, tantôt Cérès tient une corne d’abondance de la main gauche, tantôt une torche, tantôt un sceptre. Ils ne sont pas tous de la même époque : de là la variété des attributs. Quant au gros pavot qui se voit dans le champ sur un des exemplaires , j'aurai l’occasion d’en parler plus longuement à propos de la série de I .y sa mire et d'OEnophilos.

v I > Cf. Auiuttcs de llnst. archéoloç . de Rome, t. XIX, nions qui ont été émises sur Ica monnaie* d Eleusis el p. 433. note 1 , ou M. de Witto examine le* diverses opi- reconnaît tantôt Cérès, tantôt Triptolème.

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