‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 108 sur 230 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

Entendez-vous le Vent qui gronde ?

Roulant sa voix rauque et profonde, On dirait qu'il apporte au monde La plainte de ceux qui sur l'onde Ont crié dans le Vent qui gronde.

Si j'étais le Vent, j'irais sur les flots

Écouter d'où vient le bruit des sanglots :

Ë J'irais vous aider, voiles solitaires

5 Des marins re,cs at désert mouvant !

Tous les na :iragés reverraie nt leurs terres,

S j'étais le Ven:

ATVER.

Entendez-vous le Vent qui pleure ?

Il nous dit que rien ne demeure,

Que toute espérance nous leurre,

Et qu'il faut qu'on passe et qu'on meure, ; Comme passe le Vent qui pleure.

Si j'étais le Vent, j'irais chaque nuit

Rêver et pleurer dans la nuit sans bruit :

J'irais m'égarer dans les cimetières,

Et, dernier écho du monde vivant,

Chanter pour les morts des chants de prières, Si j'étais le Vent.

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