EUGÈNE MANUEL
Enfant, tu grandis : que ton cœur soit fort ! Lutte pour le bien, la défaite est sainte !
Si tu dois souffrir, accorde à ton sort
Un regret parfois... jamais une plainte.
Écris, parle, agis, sans peur du danger.
L'univers est grand, que ton œil y plonge !
Tu pourras faillir, même propager
Une erreur parfois... jamais un mensonge.
Si tu vois, plus tard, d'indignes rivaux Toucher avant toi le but de la vie, Trahis seulement, sûr que tu les vaux, Du dépit parfois... jamais de l'envie.
Le mal, ici-bas, trône audacieux ;
D'un amer dégoût si ton âme est pleine, Nourris dans ton sein, montre dans tes veux, Du mépris parfois... jamais de la haine.