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NOS TROIS COULEURS

LOUIS FRÉCHETTE

Regarde, mon enfant, ce chiffon souverain

‘ui mêle — avec l'azur du firmament serein — Vans l'éclat radieux de son pli tricolore, Aux rougeurs du Couchant les blancheurs de l'aurore ! Ces trois couleurs, drapant de leurs pures clartés Trois principes féconds dans un seul réflétés, C'est, insigne éternel de toute indépendance, — Chapeau bas, mon enfant ! - -le drapeau de la France !

Oui, ce haillon troué, mais que la gloire inonde,

À passé, mon enfant, sur le ventre du monde ! Incline-toi devant ses lambeaux vénérés !

Avec tout ton amour baise ses plis sacrés ;

Car ce drapeau, sans peur, digne des chants d'Homère, Ce drapeau, mon enfant, c'est celui de ta mère !

Il fut vaincu, c'est vrai : plus tard, la trahison Déshonora son aigle et souilla son blason ;

Mais lui, sans tache, même au jour de la défaite, Toujours fier, toujours pur, il brille encore au faîte De tout ce que le siècle a produit de plus grand : C’est l'emblème sacré, c'est le témoin flagrant

Des conquêtes du droit contre la tyrannie ! ‘

O drapeau! si jamais un Français te renie,

Que dis-je? si la France, oubliant tes splendeurs, Sous un autre guidon cherchait d'autres grandeurs, Nous, ses enfants lointains, nous l'aimerions encore ; Mais, fidèles à toi, glorieux tricolore,

Nous te clouerions au mât Comme un cher souv Que nos vieillards viendraient saluer et bénir, En tournant leurs regards vers un temps plus prospère.

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Et toi, mon fils, toujours français comme ton père, Quand nous serons partis, ou que nous serons vieux, Oh! ne jaisse jamais le lâche ou l’envieux

Flétrir ce défenseur de toute Cause juste.

Et puis, Ô mon enfant, si la bannière auguste

Devaïit cesser de luire au soleil canadien,

Sois son appui Suprême et son dernier gardien.

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