‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 49 sur 230 · DUCHESSE D'UZÈS, DOUAIRIÈRE · texte numérisé non relu

DUCHESSE D'UZÈS, DOUAIRIÈRE

Non! ne le dites pas, non! ce serait impie,

Que c'est un mot usé, que le mot de patrie ;

Car sans savoir Pourquoi, dans un instinct fatal,

Le cœur battra toujours mieux, sur le sol natal.

Les hommes, cependant, ne sont-ils pas tous frères ? Pourquoi donc limiter les pays et les cœurs,

Pour que d'anciens amis deviennent adversaires ? N'étaient-ils pas tous faits pour les mêmes douceurs, Pour la même bonté, pour les mêmes prières ?

Qui les a séparés ? — L'intérêt personnel...

Ce sentiment est bas, mais le fait est réel ;

Ces murs, ces prés, ces C’est ce que l’on a vu Par Son premier regard, Se dire ‘‘sans-patrie ”’ est un affreux blasphème

Qui, pour le cœur français, semble un coup de poignard.

Lorsqu'elle est en danger, quel sursaut électrique Vient secouer le joug du plus indifférent !

Qu'importe à ce moment royaume ou république, C'est le cri du lion blessé qui se défend !

Général ou soldat, en Jui donnant sa vie,

Soit vainqueur, soit vaincu, glorieux ou mourant,

Ce qu’il entend toujours, c’est le mot de ‘‘ Patrie ’’ Quand, passant près de lui, le drapeau claque au vent ! Oui, Patrie est un mot plus sacré que tout autre,

Il exprime l'amour, la gloire, la beauté.

Son charme est tout-puissant, car sa vie en la nôtre Fait descendre un rayon de l’immortalité.

bois, ce vieux clocher qu’on aime,

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