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CHAPITRE I

Hongrie, la puszta magyare, mer onduleuse de fleurs et d’épis ; tel le pays de la terre noire (Tchornosjom) en Russie, deux fois grand comme la France, d’où nous arrive, par Odessa , le blé qui nourrit la moitié de l’Europe dans les années de disette.

11 y a des plaines marécageuses, que le travail persévérant de peuples industrieux a su assainir et transformer en champs admirablement fertiles. Il n'a fallu pour cela que créer un vaste système de circulation d’eau : canaux pour faire écouler le trop-plein, au besoin à l’aide de machines; saignées d’un grand fleuve pour suppléer aux pluies; tels sont la Hollande et le Milanais, qui sans l'homme ne seraient que de vastes marécages.

Heureusement la plupart des plaines, au lieu de présenter cette horizontalité exagérée, ont une pente générale très-douce: trop faible pour être sensible à l’œil ou à la marche, suffisante pour assurer l'écoulement régulier des eaux. Celles-ci se chargent elles-mêmes de créer les inégalités de niveau nécessaires. Les ondulations imperceplibles du terrain suffisent pour déterminer les lignes où les eaux de pluie se rassemblent en ruisseaux, rivières et lleuves, et ces eaux, en s’écoulant, creusent peu à peu leur ht, approfondi, limité, régularisé par l’action même de l’écoulement.

Une autre grande cause a d’ailleurs contribué à déterminer plus sûrement la route des cours d’eau, et à créer dans les pays de plaines des miniatures de vallées, de plateaux et de collines.

Lorsqu’on exécute en relief la représentation exacte d’un pays de plaines, les environs de Paris, par exemple, on est frappé de ce fait que les points les plus élevés sont des surfaces plates, situées à peu près à la même hauteur absolue, tandis que les parties creuses,

PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES

celles où coulent les rivières et où sont les villes, les routes, les lieux habités, sont situées plus ou moins profondément au-dessous de ce plan supérieur.

La coupe du relief présente toujours cet aspect de profil (fig. 8), exactement comme le profil d’un terrain

Fig. 8. — Coupc de vallées d’érosion dans un pays de plaines ( le fond plat est formé par des dépôts d’alluvion).

plat, excavé par des carrières ou des tranchées de chemins de fer.

Un monticule isolé présente tout à fait l’aspect d’une de ces buttes témoins qu’on laisse au milieu des travaux de terrassement portant un lambeau authentique du sol primitif, pour servir à mesurer la profondeur de l’excavation opérée. Le mont Valérien , la colline de Montmorency, représenteraient des buttes isolées de cette espèce. Montmartre, un peu moins haute, a été découronnée, et ne porte plus la couche terminale d’argile et de pierre meulière qui forme le sommet de toutes les hauteurs voisines.

Or, si nous examinions comparativement l’aspect que prend une chaussée sablée bien dressée, après qu’elle a reçu une forte pluie d’orage, ou la surface des bancs de terre glaise qui forment le fond d’une mare ou d’un étang que l’on vient de vider, nous serions frappés de l’extrême ressemblance qu’auraient avec notre relief ces deux surfaces ravinées par l’écoulement de l’eau.

Nous verrions, en effet, sur chacune d’elles des miniatures de vallées creusées au-dessous de la surface générale , au fond desquelles couleraient encore des filets

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