CHAPITRE I
sécheresse lue nécessairement toute culture; la plaine étant infertile, est inhabitée : c’est un désert. Voilà le cas ou se trouvent les plus grandes plaines du monde, le Sahara (fisc 2, p. 22), les steppes de la Russie , les toundras de la
Sibérie, le Cobi du N. de la Chine.
Les déserts les plus dénués de végétation sont surtout de grands plateaux, naturellement plus exposés encore au manque d’eau que les plaines : l’Arabie, la Perse, le Turkestan, l’Afrique centrale, l’Utah, le Colorado, l’Atacama, sont des plateaux nus, sous un ciel sans pluies.
Un cas tout à fait inverse peut produire le même résultat . c’est celui des plaines bien arrosées, mais trop horizontales.
PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES
L’eau, n’ayant plus d’écoulement, devient stagnante : la plaine devient un marais. C’est le cas des pampas de l’Amérique du Sud, parmi les grandes plaines; parmi les petites plaines marécageuses, citons les marais Pontins, d’où les efforts successifs des empereurs de Rome païenne et des papes de Rome chrétienne n’ont pu encore chasser la fièvre et faire écouler l’eau ; les maremmes de Toscane, inondées l’hiver et desséchées l’été ; en France, les Landes (fig. 7) et la Sologne. La stagnation de l’eau dans celles-ci est due à ce qu’au -dessous du sol sablonneux est une couche horizontale d’une roche imperméable , et qui se trouve n’être entamée par aucune ouverture : c’est, dans les Landes, un grès ferrugineux, nommé altos; c’est, en Sologne, une couche épaisse d’argile, qui arrêtent l’absorption des pluies, et noient les racines des plantes, comme dans un pot de fleurs qui n’aurait pas de trou au fond.
Lorsque, au contraire, une plaine, même très-horizontale, est formée d’un sol à la fois assez perméable pour s’imprégner facilement de l’eau des pluies sans se laisser noyer; assez argileux, assez gras, comme on dit, pour garder longtemps cette humidité qu’elle a épongée ; elle peut être très-fertile et convenir surtout à certaines cultures spéciales, comme celle du blé.
Disons bien vite que ces plaines, avant d’être défrichées par l’homme, ont été, pendant de longs siècles, couvertes de forêts ou d’épais gazons, dont les détritus accumulés constituent une couche d’humus ou terre végétale , véritable trésor de fécondité.
Telle est notre Beauce, pays sans rivière, de Versailles à Orléans , champ de blé qui nourrit Paris ; telles la Limagne, qui fournit le pain à l’Auvergne, et la plaine de Toulouse, qui le donne au Languedoc ; telle la grande plaine de