CHAPITRE I
liquides représentant des systèmes de fleuves formés de la réunion de rivières et de ruisseaux se jetant les uns dans les autres, absolument comme les affluents de notre relief géographique.
Ainsi les vallées des pays de plaines sont des vallees d’érosion, creusées plus ou moins profondément par un grand courant d’eau, qui a passé sur toute la surface plate du pays en suivant la pente générale de cette surface. Les fleuves et les rivières occupent le point le plus bas de ces vallées; lorsqu’elles sont larges, leur fond est plat; il est formé de matériaux mélangés et roules par cette grande masse d’eau, puis déposés par elle lorsqu’elle a abaissé peu à peu son niveau eu s’écoulant.
Quelle peut avoir été cette masse d’eau? Nous en reparlerons à propos du diluvium au chapitre Géologie. Poui le moment contentons-nous de constater cette forme caractéristique (fîg. 9) des vallées des pays de plaines.
Fig. 9. — Vallée d’érosion dans une plaine (Elché. en Espagne).
PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES
DÉFINITION DES MONTAGNES
Salut, brillants sommets, champs de neige et de glace, Vous qui d’aucun mortel n’avez gardé la trace,
Vous que le regard même aborde avec cfTroi ,
Et qui n’avez souffert que les aigles et moi.
Lamartine.
Les portions de la surface du globe qui sont hérissées d’aspérités sont nécessairement saillantes au-dessus des plaines basses , sans quoi les dépressions seraient couvertes par la mer. Les régions au sol incliné sont donc des saillies plus ou moins élevées.
Les saillies du sol ont reçu suivant leur taille des noms très -variés. Le terme général est celui de mont, qui ne préjuge rien des dimensions de la hauteur considérée ; on dit : le mont Valérien à Paris, ou le mont Esquilin à Rome, comme on dit le mont Blanc en Savoie.
Dans les pays de plaines où les inégalités sont petites et égales, on emploie indifféremment, pour varier le langage, tous les synonymes du mot mont, sans se mettre en peine de leur gradation. Ainsi, à Paris, on appelle montagne Sainte-Geneviève une saillie moitié moins haute que la butte Montmartre.
La topographie militaire , qui se pique d’exactitude , désigne les éminences de menue taille par les mots tertre, butte et mamelon. Un tertre a quelques mètres, une butte quelques dizaines de mètres , un mamelon au delà de cent mètres de saillie. Quoique le mamelon Vert de Sébastopol ait un peu popularisé cette dernière expression, elle est remplacée ordinairement, dans le langage civil , par celle de colline.