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CHAPITRE IV

pourrait citer celui d’où sort la fameuse fontaine de Vaucluse, près d’Avignon ; Vaucluse veut dire Vallis dansa, vallée fermée : la vallée de Gavarnie (fig. 66), celle d’Héas (fig. 67), sont encore de meilleurs exemples. La vallée de

Grindelwald est un bon exemple du second cas.

Ce que nous disons pour la terminaison supérieure des vallées , nous pouvons le dire pour les parois latérales, qui peuvent être des escarpements inaccessibles ( 11g. 62) ou des pentes douces.

La vallée si célèbre de Lauterbrunnen , en Suisse, est dans le premier cas ; les deux escarpements, de l’un desquels tombe la fameuse cascade du Staubach (fig. 63), se continuent presque verticaux des deux côtés de la vallée, depuis son entrée , pendant 10 ou 12 kilom., comme deux im-

Fie 63 — Le Staubach et la vallée de Lauterbrunnen.

menses murs pareils et parallèles bordant une voie gigantesque. On sent que ces deux surfaces rocheuses, dont les veines et tous les

LES FORMES DES MONTAGNES

détails se reproduisent identiques à droite et à gauche, ont fait partie de la même masse, et que la vallée, provenant d’une fente dont les deux parois s’étaient un peu écartées, est une tranchée régulièrement taillée par l’eau dans une masse continue.

Cette disposition parallèle des parois d’une vallée, gardant sensiblement la même largeur dans son parcours, n’est pas la plus fréquente. On voit des vallées dont la largeur va toujours en augmentant à partir de l’origine, et qui finissent par se confondre insensiblement avec la plaine; cela vient de ce que les chaînons qui les bordent vont en s’abaissant peu à peu, sans émettre de notables contre-forts.

D’autres fois , les chaînons latéraux , après s’ètre écartés, émettent de puissants contre-forts, qui vont à la rencontre l’un de l’autre, fermant la vallée, et ne laissant entre eux qu’un étroit passage qu’on appelle porte ou défilé. Nous avons vu qu’il peut y en avoir plusieurs successifs dans une vallée multiple. Ces défilés ont une grande importance stratégique : ils sont, comme on dit, la clef de la vallée; sur les frontières, ils sont défendus par une forteresse; plusieurs sont célèbres dans l’histoire par la résistance qu’un petit nombre de défenseurs a pu y opposer à une nombreuse armée. Les Thermopyles de Léonidas, il est vrai, n’en font pas partie : elles ne sont qu’un étroit passage entre la montagne et la mer; mais les portes du Caucase, les portes de Cilicie, sont célèbres dans l’histoire ; c’est ainsi que Saint-Maurice (fig. 64) garde l’entrée du Valais; Bellinzone, celle du haut Tessin.

Quelquefois ces deux contre-forts, qui viennent ainsi l’un au-devant de l’autre, n’en sont réellement qu’un, formant barrage, mais divisé en un point par une immense fente (exemple : le Kirchet, à Meiringen).

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