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CHAPITRE IV

et qu’il est plus difficilement accessible. Ses dimensions dans tous les sens sont au moins doubles : 900 m de profondeur et plus de deux lieues de tour! On peut citer encore, dans les Pyrénées, le cirque d’Estaubé, celui du Lis et quelques autres plus petits.

Dans le Jura et les parties calcaires des Alpes, il y a des vallées profondes, arrondies et coupées à pic, qui ont quelque analogie avec des cirques de petite dimension : on les appelle combes. Quelques-unes même approchent des dimensions des cirques des Pyrénées, comme dans le Jura le Creux-du-Vent, qui domine la vallée de Travers, à l’entrée de la Suisse par Neuchâtel, et dans la chaîne du mont Blanc, le Fer-à-Cheval de Sixt, dont la forme, les dimensions et les cascades rappellent le cirque du Lis dans les Pyrénées.

Nous laissons de côté pour le moment les cratères des

LES FORMES DES MONTAGNES

volcans, qui sont de véritables cirques; ils seront l’objet de détails spéciaux au chap. ix.

Nous verrons aussi plus lard, dans le chapitre des glaciers, ce que deviennent les hautes vallées, les cirques et leurs défilés, quand ils sont situés assez haut pour que les neiges accumulées y deviennent permanentes. Nous verrons enfin , dans deux chapitres spéciaux , ce que deviennent et ce que font les eaux courantes dans les montagnes.

Il nous reste, pour terminer celui-ci, à dire quelques mots des formes du fond des vallées : il y en a deux bien distinctes, suivant que ce fond a été produit par des eaux courantes ou par des eaux tranquilles. Dans le premier cas il est plus ou moins irrégulier, soit ondulé, soit raboteux ; dans le second cas il est tout à fait plat.

Les pentes opposées des montagnes qui bordent une vallée, dans le premier cas, viennent se rencontrer suivant une ligne, la plus basse de la vallée, que l’on désigne par le mot thalweg , qui veut dire en allemand chemin de la vallée. Le thalweg n’est pas toujours au milieu de la vallée. Il est évident que si la vallée a un côté escarpé et un côté en pente douce, le point de rencontre des deux profils est primitivement plus près du côté escarpé. Mais l’écoulement doit se faire par le thalweg; si les eaux sont abondantes et souvent chargées de boues et de cailloux, débris d’un sol dénudé, ces débris déposés par le courant exhausseront le fond de la vallée, qui pourra devenir plus ou moins plat, et dans les élargissements les mieux aplatis le cours d’eau pourra décrire des méandres et former des îles. Toutefois il lui restera toujours une tendance naturelle à se rapprocher du côté le plus escarpé , et si dans une vallée suivie par un fleuve on remarque un point de ses lianes présentant une paroi escarpée, on peut être

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