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CHAPITRE V

cependant bien les mêmes, car ils contiennent les mêmes fossiles, et ils avaient été déposés horizontalement avant de s’incliner ; car les corps plats ou allongés , galets , coquilles, etc., sont aussi dans une position inclinée, parallèle à la direction des bancs. Ils ont donc été dérangés depuis leur dépôt.

Fig. 70. — Couches inclinées.

On trouve , en effet , en les étudiant sur de grandes étendues, qu’ils ont été soulevés, brisés ou plissés, comme par des pressions souterraines et latérales : les couches inclinées se relèvent le long des premières pentes des montagnes, et leurs extrémités, arrachées de leur place, se dressent en cimes secondaires, ravinées et découpées par les pluies.

Si l’on continue à s’avancer vers le centre de la masse montagneuse, il arrive très-souvent, par exemple dans les Vosges méridionales , dans le plateau central , dans les Alpes, dans les Pyrénées, que les couches parallèles cessent tout à coup, et sont remplacées par des masses minérales tout à fait différentes.

Ce sont des roches compactes, sans trace de stratifi-

cation , ne contenant jamais de fossiles ni de traces d’êtres vivants, formées souvent d'éléments cristallins mélangés. Les sondages montrent que ces roches existent sous les bancs parallèles soulevés, partout où l’on a assez creusé pour les traverser.

L’une d’elles, le granit, semble former comme le fond des mers primitives, car on le retrouve sous les couches les plus anciennement déposées ; aucun sondage n’est arrivé à le traverser lui -même, de sorte que nous ignorons quelle est son épaisseur et sur quoi il repose. Il se lie par mille intermédiaires au porphyre, lequel varie par degrés jusqu’au basalte, qui lui-même n’est pas bien différent de la lave, que nous voyons aujourd’hui sortir à l’état de fusion ignée des volcans. Nous pouvons en conclure que le basalte a dû en faire à peu près autant, et l’examen de la forme du trachyte, autre roche volcanique à grains cristallisés comme le granit, nous prouve qu’il est aussi sorti des entrailles de la terre, se gonflant comme une sorte de boue pâteuse.

Or le porphyre et certains granits ont tout à fait l’apparence d’être sortis de terre d’une manière analogue, plus lentement peut-être, et plus en grand. On les voit souvent par-dessus des terrains sédimentaires, comme s’ils s’étaient déversés. La communauté d’origine de toutes ces roches est évidente ; ce ne sont pas des sédiments déposés par l’eau, mais des masses rocheuses qui sont arrivées au jour fondues ou au moins ramollies par la chaleur terrestre, soulevant et souvent crevant les couches sédimentaires.

Nous les appelons roches éruptives, roches en masses non stratifiées, roches plutoniques; celles qui constituent les volcans ou en proviennent prennent en outre le nom de roches volcaniques.

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La pénétration des vapeurs chaudes venant des régions de fusion et l’action des roches plu toniques sur les terrains sédimentaires en contact avec elles, ont produit sur ces derniers, avec un changement de composition chimique par échange d’éléments entre la masse minérale et les gaz qui la traversent, un changement de structure, une sorte de cuisson à vapeur à haute pression accompagnée de pénétration de la matière des roches chaudes, de remplissage des pores et de cristallisation des roches froides. Ces transformations se sont étendues souvent à de nombreuses séries de couches formant des terrains entiers; désignées sous le nom de métamorphisme, elles nous fournissent une troisième classe de masses minérales, intermédiaire entre les deux autres : nous la désignerons du nom de roches métamorphiques. Exemples : les ardoises, les marbres.

Les plus inférieurs des terrains sédimentaires ont, pour ainsi dire, toujours subi cette action métamorphique, et étaient souvent, à cause de cela, appelés terrains de transition. On croyait qu’ils constituaient toujours les montagnes avec les roches plutoniques. Mais on sait aujourd’hui, par l’examen de leurs fossiles, que les ardoises et les marbres des Alpes ne font pas nécessairement partie des terrains les plus anciens; ce sont souvent, au contraire, des terrains relativement très-récents, qui ont subi, aussi profondément que les plus anciens, cette transformation ou ce métamorphisme.

Jetons un coup d’œil rapide sur les matériaux les plus importants de ces divers terrains. Comme les deux tiers des roches sédimentaires ont été formées des débris des roches plutoniques, nous allons commencer par celles-ci.

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