‹ Les montagnesChapitre 109 sur 313 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dureté aux verres, émaux , porcelaines, poteries et briques de toutes sortes.

Ses variétés grossières, cristallines ou concrétionnées, et ses combinaisons entrant dans la plupart des roches, aussi bien sédimentaires qu’éruptives, on peut dire que la silice est le corps solide le plus abondant qu’il y ait au monde. Elle constitue certainement à elle seule plus de la moitié de la masse de l’écorce terrestre connue.

Le composé de silice le plus abondant dans les roches plutoniques s’appelle le feldspath. La silice y est combinée d’un coté avec de l’alumine, de l’autre avec la potasse, la soude ou la chaux. Le feldspath est un corps cristallisé , tantôt blanc comme de la porcelaine , tantôt teinté de rose ou de vert clair. Opaque dans les granits et les porphyres, il devient vitreux dans les roches volcaniques. C’est le plus altérable des éléments de toutes ces roches. Nous verrons que c’est sa décomposition qui donne naissance à l’argile. Ses variétés s’appellent orthose , albite , labrador, etc.

Après ces deux éléments dominants des roches éruptives, le quartz et le feldspath, il faut citer le mica, cristallisé en lames minces , élastiques , brillantes comme un métal : c’est un lluosilicate d’alumine et de quelques autres bases. La poudre à sécher l’encre, que les papetiers nomment poudre d’or et poudre d’argent, n’est que du mica jaune ou blanc en petits fragments.

Très -analogue au mica est le talc, aussi en lames minces, mais doux au toucher comme du savon, le plus tendre des minéraux; c’est un silicate de magnésie hydraté. La poudre glissante des bottiers est faite avec du talc.

L'amphibole et le pyroxène sont deux silicates de magnésie et de chaux ou de fer. ordinairement colorés en vert ou en noir par ce fer, assez analogues entre eux

d’aspect. Le premier hante les roches granitiques et porphyriques; le second, les roches volcaniques (son nom de pyroxène signifie hôte du feu).

Ce sont ces quelques minéraux qui se groupent d’une manière très -variée pour former les principales roches éruptives ; nous pouvons rapporter celles-ci à trois types, analogues de substance, mais différents de structure :

1° Les roches granitiques , entièrement formées de cristaux accolés formant une masse compacte;

2° Les roches porpkyriques , formées d’une pâte entourant des cristaux ou noyaux de couleur différente ;

3° Les roches volcaniques, toujours plus ou moins poreuses comme du sucre ou bulleuses comme du pain levé.

Cet ordre est en même temps celui de l’antiquité de leur apparition à la surface du sol. Les premières ont pris le nom de la plus ancienne , la plus abondante et la plus importante des roches, celle qu’on nomme le granit.

Le granit dit à grain fin forme, sur une profondeur inconnue, le sol de certains pays dont la surface n’offre aucune trace de sédiments, et qui semblent, par conséquent, n’avoir jamais été recouverts d’une manière stable par des mers analogues aux nôtres.

Un granit un peu différent, dit « à gros grain », et des variétés nommées pegmatite , protogyne, syénite , etc., forment des veines ou des masses sortant à travers le granit primitif, souvent aussi à travers des terrains sédimentaires anciens. Dans plusieurs chaînes de montagnes, comme les Vosges, les Pyrénées et les Alpes, ces derniers

Page 1