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CHAPITRE l

Les monts de la Bretagne, de la basse Normandie, des Ardennes, ceux de la ceinture de la haute vallée de la Saône, que les géographes nomment monts Faucilles, ne sont ([ue des collines; ce ne sont pas encore des montagnes.

Les terrasses aplaties que l’on trouve en haut d’une pente, même très -élevée, et qui se prolongent horizontalement sur une étendue beaucoup plus grande que celle de la pente, ne sont pas non plus, à* vrai dire, des montagnes, ce sont des plateaux. On leur donne ce nom , du reste, quelle que soit leur altitude, que ce soit celle des collines ou celle des montagnes.

On réserve le nom de montagnes aux saillies les plus considérables et les [tins irrégulièrement inclinées; elles couvrent de grands espaces, groupées en rassemblement que l’on désigne sous le nom de massifs ou de chaînes.

Des pays tout entiers, comme la Suisse et le Tyrol, sont tellement remplis de montagnes, qu’une surface plate de quelques myriamètres de largeur y est une rare exception, et que d’aucun point de l'intérieur de leur territoire on ne peut voir une portion un peu notable d’un horizon réellement horizontal. Lorsqu’on fait dans un de ces pays l’ascension d’une montagne bien dégagée, comme il y en a tant dans les Alpes, bien connues pour servir de belvédères aux autres , on voit tout l’horizon hérissé d’innombrables saillies qui se dressent à l’envi les unes derrière les autres (tig. 10). C’est le magique aspect de cet immense panorama qui récompense et fait oublier toutes les fatigues de l’ascension.

Il est vrai que des pays de collines peuvent avoir jusqu’à un certain point ce caractère : nous en citions quatre tout à l’heure où il ne serait pas difficile d’en trouver des exemples; les Parisiens y ajouteraient la forêt de Fon-

Sommet de la montagne appelée Pierre- a- Voir, près des bains de Saxon, en Valais.

PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES

tainebleau, 1«îs habitants d’Arles ou de Beaucaire, cellr curieuse miniature îles Alpes qu’ils appellent les Alpines. Il faut déterminer la taille qui sert de limite par un caractère appartenant seulement aux montagnes propremenl dites.

Voici le plus apparent.

En s’élevant dans l’atmosphère, comme nous verrons au chapitre X, la chaleur diminue, quoique la lumière augmente ; le climat plus rigoureux ne permet plus la croissance des mêmes plantes cultivées ou sauvages. Le changement est le même que si l’on était transporté dans un pays plus froid, en s’avançant vers le nord de quelques centaines île lieues.

Nous appellerons donc montagnes « les grandes saillies du sol, dont les parties les plus élevées sont à une hauteur suffisante pour avoir un tout autre climat, une tout autre végétation que les parties les plus basses. » Cette dernière région s’appelle le pied de la montagne. Viennent ensuite les pentes intermédiaires qu’on nomme les flancs, puis la surface convexe appelée la croupe, terminée par la ligne du faîte, dont le point culminant s’appelle la cime.

Il y a toutefois des degrés dans la taille générale des divers groupes de montagnes, et il est important de donner une division nette, pour savoir quelle échelle de grandeur il faudra appliquer au pays que l’on veut visiter.

Pour classer les montagnes, nous prendrons la même base que pour les définir, le changement de climat et de végétation ; nous en ferons trois classes : les petites montagnes, les moyennes et les grandes.

Les petites montagnes , dans nos climats, sont celles dont la hauteur verticale est comprise entre 600 à 700, et 1,300 à 1 ,400 m. Exemples : le Morvan, les Vosges. Elles ne dépassent pas la région où peuvent vivre la plupart de nos arbres

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