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CHAPITRE V

modifié en route par faction chimique de l’eau; celle-ci s’est substituée à une certaine quantité de silice, mise en liberté à l’état de dissolution gélatineuse dans l’eau.

L’argile est donc un hydrosilicate d’alumine. Parfaitement pure, elle est blanche, et s’appelle kaolin ou terre à porcelaine. On ne la trouve à cet état que lorsque du feldspath très-blanc, sans mélange de mica, a été décomposé sur place, loin de toute roche ferrugineuse ou colorée. Tel est le kaolin de Saint-Yrieix, près de Limoges.

Mais l’alumine possède, comme on sait, la propriété d’attirer à elle les matières colorantes en suspension dans l’eau ; c’est elle dont les teinturiers imprègnent les étoffes à teindre, pour servir de mordant; c’est en la formant dans une liqueur colorée que l’on concentre toute la couleur au fond du vase sous la forme d’une boue qui, desséchée, s’appelle une laque.

L’argile, en se déposant lentement au fond de l’eau, a précisément produit cet effet. L’eau est devenue claire; mais l’argile est devenue jaune, verte, rouge, bleue, noire, suivant les matières qui salissaient l’eau.

Sa composition est d’ailleurs très -variable , même en dehors de ces matières colorantes étrangères ; on peut ranger toutes les argiles en deux groupes principaux : les argiles plastiques et les argiles smectiques.

Les argiles plastiques sont appelées aussi terres à modeler, terres à potier, terres glaises; ce sont elles qui, perdant leur eau et se solidifiant par faction de la chaleur, donnent ce que l’on appelle les terres cuites ou poteries. Ces argiles se pétrissent facilement; elles ne contiennent en moyenne que 12 °/0 d’eau; leur silice n’est

pas à l’état gélatineux, car elle n’est pas soluble dans les acides.

L’argile smectique est celle qu’on nomme vulgairement terre à foulon. Elle se gerce et se pétrit mal ; les foulonniers utilisent sa propriété d’absorber les huiles grasses dont on imprègne la laine pour la filer. Elle contient deux fois plus d’eau, en moyenne, que l’argile plastique. Sa silice est en grande partie soluble dans les acides, ce qui prouve que le silicate d’alumine s’est associé à de la silice gélatineuse.

L’argile est la plus abondante et la plus répandue des roches sédimentaires. Elle a des pores si fins, qu’une fois mouillée, elle ne laisse filtrer l’eau dans sa masse qu’avec une extrême lenteur. Au point de vue de l’eau courante, elle se comporte donc comme une roche imperméable. Elle a sous ce rapport , comme nous le verrons, un rôle prédominant dans la production des sources et des nappes artésiennes, ainsi que dans le régime des étangs et des rivières. Dans les pays à sol perméable, on garnit d’argile le fond des réservoirs et des pièces d’eau.

Le sable et le gravier ou gros sable sont d’une nature plus variable encore que l’argile ; ils peuvent être formés de menus fragments de toutes sortes de roches dures. Cependant les petits cristaux de quartz, brisés, roulés et triés par ordre de grosseur, forment la plus grande partie du sable plus ou moins fin qui provient des roches granitiques. Le mica y est quelquefois mêlé, comme dans le sable de Fontainebleau ; d’autres fois il se mêle à l’argile, à laquelle il donne une structure feuilletée. Le gravier et les cailloux seront les morceaux de la roche incomplé-

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