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R 0 » : H E S MÉTAMORPHIQUES

Avancez sous ces monts: dans leur sein recèles Combien d’autres trésors y sont accumulés! ..

Les schistes feuilletés, les lames de l’ardoise , Le quartzite noirâtre et les marbres divers...,

Enfin tous ces amas de matières terreuses.

Dans leurs noirs magasins confusément épars , Trésors qu’à la nature emprunteront les arts.

Delille.

Les roches que nous venons d’étudier, déposées horizontalement au fond des eaux , ont formé lors de leur émersion le sol plat des pays de plaines. Nous avons dit qu’on les rencontre aussi dans les pays de montagnes, mais soulevées et inclinées, et en général modifiées dans leur structure, qui est devenue notablement plus compacte. Lors de leur dépôt, en effet, la plupart des roches sédimentaires ont nécessairement une structure grossière et poreuse, puisqu’elles sont formées de poussières agglomérées. Les roches compactes sont ordinairement devenues telles par suite de changements postérieurs au dépôt primitif.

Les changements qui peuvent se produire après coup dans la structure et même la nature des roches sont nombreux ; nous avons vu qu’ils sont connus sous le nom de métamorphisme des roches.

La cause la plus fréquente du métamorphisme est la pénétration des pores de la roche par des substances gazeuses ou liquides agissant chimiquement sur elle. La chaleur terrestre et la pression, résultat du poids des

couches supérieures sur une couche profonde, peuvent aussi produire de notables effets.

Nous voyons s’échapper des volcans, et par conséquent nous savons qu’il se forme dans les profondeurs de l’écorce terrestre des vapeurs nombreuses de corps susceptibles d’attaquer les roches poreuses, ou de former, en se rencontrant dans les cavités de ces roches, des corps solides précipités chimiquement. Les chlorures de silicium, de magnésium, de fer, de toutes sortes de métaux, des fluorures et des vapeurs sulfurées de diverses natures, se rencontrant en présence de la vapeur d’eau et des gaz de l’air dans les pores et dans les fentes des roches , y donnent naissance à des substances cristallisées, silice, silicates, fluosilicates, sulfures ou oxydes métalliques, sels variés.

On a pu répéter en petit , dans les laboratoires de chimie, dans les fours à porcelaine et les fourneaux métallurgiques, une partie de ce qui se passe en grand dans la nature sous ce rapport, et obtenir des changements artificiels tout à fait analogues à ceux qu’éprouvent les roches par le métamorphisme.

Des vapeurs de chlorure de magnésium, en traversant du calcaire, l’ont transformé en dolomie (carbonate double de chaux et de magnésie) tout à fait pareille à des morceaux qu’on a vus arrachés par des éruptions volcaniques aux parois de cheminées produites à travers des couches calcaires. Ces mêmes vapeurs avaient de plus produit artificiellement, dans les roches expérimentées, des pierres cristallines, idocrase, périclase, etc., les mêmes que l’on trouve fréquemment au milieu des roches volcaniques.

Des eaux thermales, filtrant à travers des murs poreux, en ont, après des siècles, changé en certains endroits la composition chimique en déposant des cristaux dans les pores. Ce fait a notamment été constaté à Plom-

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