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CHAPITRE V

Le gypse a été produit par l’arrivée de sources sulfureuses dans des lacs déposant du calcaire. Le gaz des eaux sulfureuses devient, par Faction de l’air et de l’eau, de l’acide sulfurique qui chasse l’acide carbonique du calcaire et se met à sa place.

Le gypse est notablement soluble dans l’eau , qu’il rend dure et crue. On sait que c’est le défaut de celle des puits de Paris. Beaucoup d’eaux minérales de montagne sont aussi très- chargées de sulfate de chaux en dissolution. C’est le cas des eaux de Louèche-en-Valais. On a calculé que ces eaux apportent ainsi, du sein de la terre, tous les ans, des milliers de tonnes de sulfate de chaux; il doit se former par leur enlèvement d’énormes cavités souterraines, et il se pourrait que l’écroulement de ces cavités lut pour beaucoup dans les tremblements de terre, si fréquents dans le haut Valais.

Aussi abondant au moins que le gypse, et bien plus important pour nous, est le sel gemme, qui se trouve ordinairement en couches dans le même genre de terrains. Le sel de cuisine est du chlorure de sodium. La mer en contient déjà une proportion telle, que le sel extrait de tous les océans formerait une masse montagneuse aussi considérable que le système de l’Himalaya. Toutefois elle n’en fournit, par ses marais salants, qu’aux provinces maritimes. Les pays éloignés de la mer tirent le sel de mines nommées salines. Les plus connues se trouvent situées au pied des montagnes : les salines de Lorraine sont au pied des Vosges, celles de Galicie au pied des Carpathes, celles de Gex en Suisse au pied des Alpes du Valais, etc.

Quand la mer disparaît peu à peu d’un bassin fermé, par évaporation, elle y laisse une couche de sel. C’est ce que nous voyons se faire sous nos yeux dans la mer Morte en Palestine, dans les Bugors de la mer Caspienne, dans

maintes dépressions de la Tartarie, du Sahara, etc., qui ont tous les caractères de fonds de mers récemment disparues.

Après le gypse et le sel, il faut citer les exploitations de substances plus rares encore ou plus précieuses, qu’on désigne plus spécialement sous le nom de mines , et dont l’intelligence de l’homme peut faire pour les pays de montagnes une source inépuisable de richesses.

En première ligne sont les mines de charbon. Les charbons fossiles sont le vrai trésor de l’homme. La houille et l’anthracite lui fournissent la chaleur, la force, les métaux, tout ce qui fait, après les produits de la vie animale et végétale, la puissance et l’éclat matériel des peuples.

Ces charbons d’ailleurs sont aussi des produits de la vie ; comme tous nos combustibles, ils sont les fils du soleil, qui, par un admirable décret de la Providence divine, a ainsi travaillé pendant des milliers de siècles avant l’homme pour l’utilité de ce roi futur de la création.

Si donc le gypse et le sel ont leur place parmi les roches sédimentaires d’origine chimique, les combustibles fossiles doivent trouver la leur dans les roches sédimentaires d’origine vilale.

La houille, ou charbon de terre, est le résultat de la décomposition, à l’abri du contact de l’air, d’énormes entassements végétaux. Le tissu charbonneux y est imprégné de résines, huiles volatiles et autres combinaisons hydrogénées du carbone, qui la font brûler avec flamme et peuvent fournir, par la distillation, le gaz d’éclairage.

A côté de la houille, et au même titre, il faut citer les bitumes et le pétrole, devenu chez nous si tristement

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