‹ Les montagnesChapitre 141 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

relativement unies et des surfaces bouleversées, devenues depuis des pays de plaines et des pays de montagnes .

Mais en même temps que ces mouvements du sol en multipliaient les inégalités, commençait un ordre inverse de phénomènes. Dès que la surface fut solidifiée, elle s’assombrit en perdant rapidement de sa chaleur. A mesure qu’elle se refroidissait, se précipitaient en pluies sur elle les substances liquéfiables contenues dans l’atmosphère, notamment cette immense quantité d’eau aujourd’hui rassemblée dans les mers.

L’eau dut commencer à mouiller définitivement le sol dès que quelques points, les plus saillants naturellement, furent refroidis au-dessous de 320°, température à laquelle beau bouillirait sous une pression de 140 atmosphères.

Ce que durent être ces premières pluies, chaudes comme iln plomb fondu, il est impossible de s’en faire une idée : les roches du sol, attaquées chimiquement, se transformaient en boues brûlantes: celles-ci, s’écoulant dans les vallées plus chaudes, entraient en ébullition, ou, s’engouffrant dans des fissures à la rencontre du feu central, provoquaient de violentes éruptions, de nouvelles ruptures de la croûte et des épanchements de roches ignées.

Nous n’avons plus, probablement, aucune des roches qui formaient la surface de l’écorce terrestre avant la précipitation de l’eau atmosphérique. Il est évident que le rôle chimique de celle-ci sur les matériaux de l’écorce primitive a dû être considérable et général, et on pense que le granit à grain fin , surmonté de sa couverture de gneiss, micaschistes, etc., nous représente le résultat de cette action de l’atmosphère aqueuse du globe sur sa première enveloppe.

Les premières mers ont dû être d’abord de grands courants boueux, délayant le sol et rasant ses rides; lors-

Page 1