I .'ORIGINE DES MONTAGNES
qu’elles se sont fixées avec un niveau stable, les saillies émergentes devaient être (.les îlots pâteux toujours lavés par les pluies chaudes, toujours modifiés par les plissements et les ruptures du sol , par les éruptions de gaz et les épanchements de roches fondues, par un combat acharné entre le feu central et l’eau, ou, comme on dit classiquement, entre Pluton et Neptune (fig. 93).
Ce combat ne s’est pas borné à ces temps primitifs; il n’a pas cessé par le refroidissement des mers , l’épaississement inférieur de la croûte du globe et l’établissement de la vie végétale et animale à sa surface. Pendant le dépôt lent de ces énormes couches sédimentaires dont la géologie v a nous montrer la formation, ont toujours continué de se produire les plissements et les fissurations, les éruptions et les épanchements, les ruptures et les basculements de grands fragments de l’écorce terrestre, qui tantôt s’arc-boutaient en montagnes, tantôt restaient soulevés en plateaux, tantôt s’effondraient en vallées.
Ces grands mouvements de l’écorce terrestre ont produit, sur les portions disloquées qui sont aujourd’hui les pays de montagnes, des dérangements qui rendent assez difficile la détermination de l’ordre de superposition de
ces couches. 11 est rare que les portions séparées soient restées à peu près en face l’une de l’autre à la même hauteur, comme le représente la fig. 81. Ordinairement l’un
Fia. 81. — Fracture du sol soulevé.
des deux fragments est retombé plus bas que l’autre, comme dans la fig. 82. Cette dénivellation, très-commune dans les terrains anciens,