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CHAPITRE VI

Il est à remarquer que, par les progrès du temps, plus la croûte à briser devenait épaisse et résistante, plus ces catastrophes devenaient rares; mais aussi plus elles étaient violentes, et plus les saillies produites étaient colossales. La science géologique a su trouver, comme nous le verrons, l’ordre de succession de ces saillies; mais elle ne nous a rien appris encore, ni sur la durée, ni sur le mode d’action de ce grand phénomène à nous inconnu, qu’on nomme le soulèvement d’une montagne.

Nous sommes réduits aux conjectures et aux hypothèses sur ce sujet. Nos petits tremblements de terre et nos petites éruptions volcaniques sont tout à fait insignifiants, comme résultat , auprès de ces brisements de toute l’épaisseur de l’écorce terrestre, de ces effroyables basculements soulevant à des milliers de mètres des masses de plusieurs myriamètres de largeur, tandis que d’autres masses semblables s’engouffraient dans les profondeurs inconnues, d’où leur pression faisait sortir les matériaux ignés qui se moulaient dans les intervalles. Seulement ces grands mouvements se sont -ils produits rapidement ou lentement? Ont-ils duré des jours, des années ou des siècles? Ont-ils détruit ou non toute vie à la surface du globe, au moins à des centaines de lieues de distance? L’action créatrice a-t-elle dû repeupler les contrées qui avaient été le théâtre de ces cataclysmes, ou a-t-il suffi des migrations des espèces des contrées épargnées?

Voilà bien des questions auxquelles la géologie n’a pas encore pu donner de réponse catégorique.

La seule solution qu’elle ait pu donner, c’est l’époque des soulèvements des principales montagnes relativement à la série des couches sédimentaires ; il a suffi pour cela, par exemple, d’étudier à la base des flancs de chaque montagne quelles couches avaient été inclinées par le

L’ORIGINE DES MONTAGNES

mouvement du sol, et quelles couches étaient ensuite venues se déposer horizontalement le long de ces couches inclinées.

Fig. 86. — Soulèvement antérieur aux trois couches A , B , C.

Fig. 87. — Soulèvement postérieur à A . antérieur aux couches B . C.

Fig. 88. — Soulèvement postérieur à A , B . antérieur à la couche C.

Fig. 89. — Soulèvement postérieur aux trois couches A . B, C.

Les figures 86, 87, 88 et 89 représentent les diverses positions que prendront trois couches A, B, C, par faction

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