‹ Les montagnesChapitre 146 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

venons d’étudier : il nous reste à donner sur ce sujet quelques détails.

Lorsque l’on considère, sur une plage, l’oscillation continuelle des Ilots de la mer, on est naturellement porté à attribuer l’idée de mobilité à cette mer qui avance et recule, et l’idée de fixité au sol sur lequel on est porté. Aussi, lors des premières observations de changements dans la forme des rivages, a-t-on attribué l’abandon d’une plage ou l’envahissement d’une contrée riveraine à l’abaissement ou à l’élévation du niveau des eaux. Mais la connaissance que nous avons des lois de l’hydrostatique nous fait aujourd’hui renverser la proposition : nous savons (pie le niveau moyen des mers est une surface géométrique invariable, et que s’il y a un changement dans la forme d’un rivage, c’est le rivage qui a bougé.

On avait déjà signalé beaucoup de ces changements; tout le monde sait que la Hollande, par exemple, s’est enfoncée graduellement au-dessous du niveau de la mer du Nord; que leZuyderzée, la mer de Harlem, les bras de mer qui séparent les îles de la Zélande, se sont formés successivement depuis l’époque où les vaisseaux de César sortaient par l’embouchure du Rhin aujourd’hui ensablée. Tout notre rivage de la Manche a été, depuis l’époque romaine, le théâtre d’envahissements semblables, quoique sur une moindre échelle.

D’un autre côté, il y a un siècle que Spallanzani avait signalé, comme preuve de la mobilité du sol, les fameuses colonnes du temple de Sérapis à Pouzzoles (fig. 90), dont le pied baigne aujourd’hui dans la mer, mais dont le marbre, rongé jusqu’à plus de 6m par des pholades et couvert de serpules, dénonce une immersion dans la mer

L’ORIGINE DES MONTAGNES

jusqu’à cette hauteur. Si cette preuve est bien authentique (on a parlé de piscines sacrées où l’eau de mer aurait pu être envoyée par des pompes), les deux mouvements

Fig. 90. — Colonnes du temple de Sérapis, à Pouzzoles.

inverses qui auraient immergé, puis relevé ces colonnes, seraient en ce cas très-locaux, car ils ne se seraient pas fait sentir'à Naples. Ils pourraient être attribués aux mouvements qu’éprouve souvent le sol voisin des éruptions vol-

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