CHAPITRE VI
caniques, et dont cette région offre de nombreux exemples; or il y a eu deux grandes éruptions assez récentes à trèspeu de distance de ce temple (voir la carte au chap. ix), celle de la Solfatare de Pouzzoles en 1198, et celle du Monte-Nuovo en 1538.
Mais nous avons des observations plus concluantes. Depuis un siècle et demi, que Celsius et Linné ont lait les premières observations authentiques, il est aujourd’hui bien établi par de nombreuses preuves de fait que la Scandinavie tout entière s’élève peu à peu, surtout par sa partie septentrionale, et que la mer Baltique a diminué notablement depuis les temps historiques. Il paraît même prouvé que le nom de la contrée, qui veut dire « île de Scand », a été justifié à une époque où ces régions étaient déjà habitées par l’homme, la région des lacs finlandais cl russes d’un coté, et celle des lacs suédois de l’autre, étant les restes de deux liras de mers qui joignaient directement la mer Blanche au Skager-Rack.
Des recherches analogues dans d’autres pays, où les descriptions de la géographie ancienne ne sont plus d’accord avec l’état actuel des choses, ont amené cette conclusion générale, que l’étendue totale de l’écorce du globe subit de très- lentes ondulations, presque imperceptibles dans une période de quelques années, mais changeant très-sensiblement, au bout de quelques siècles, la situation relative des mers et la forme de leurs rivages. Alors, nonseulement ces traditions qui nous racontent, soit la formation des détroits de Constantinople, de Messine et de Gibraltar, soit l’engloutissement de l’Atlantide , mais mille autres détails des textes antiques, nous montrent qu’une bonne carte du monde connu des anciens aurait une tout autre forme de rivages que nos cartes actuelles. Il y a tout lieu de croire que deux à trois milliers d’années
L’ORIGINE DES MONTAGNES
avant l’ère actuelle, la mer d’Aral , la mer Caspienne et la mer Noire réunies, mais isolées de la Méditerranée par le barrage de Constantinople, devaient avoir leur issue vers l’Océan glacial par le golfe d’Obi ; l’Inde formait une île séparée de l’Himalaya par une mer occupant les vallées actuelles de l’Indus et du Gange; la Méditerranée ne communiquait avec l’Océan que par une mer (aujourd’hui le Sahara algérien) longeant l’Atlas au sud et aboutissant au golfe actuel de Cabès ; la Manche actuelle était probablement beaucoup moins large, etc. etc.
11 faudrait un changement de niveau bien peu considérable, moindre assurément que beaucoup de ceux qu’on a constaté s’être produits en certains points depuis l’établissement de l’homme dans nos contrées, pour changer complètement la disposition des régions où sont des plaines basses et des mers peu profondes.
Supposons, par exemple, un simple relèvement du sol de cent brasses (180m), qui ne changerait sensiblement rien aux pays de montagnes, la carte d’Europe prendrait l’aspect que représente la fig. 91; c’est-à-dire que les mers Baltique, du Nord, d’Irlande, de la Manche, Adriatique et d’Azof disparaîtraient; Amsterdam, Londres, le Havre, seraient en plein continent comme aujourd’hui Moscou et Vienne.
Supposons, au contraire, un abaissement général du sol de cette même quantité, qui n’est après tout que deux fois la hauteur d’un de nos clochers, c’est-à-dire rien auprès des saillies montagneuses; nous aurions une Europe comme la représente la fig. 92 : Paris, Londres, Berlin, Moscou, etc., sous l’eau; Prague, Vienne et Dijon devenus ports de mer; le Danemark et la Hollande entièrement disparus; l’Angleterre, la Prusse et la Russie, ainsi que la Roumanie, réduites à bien peu de