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CHAPITRE VII

sèrent des sociétés, et il ne se creusa plus un puits, une galerie, une fondation d’édifice, qu’un géologue ne se trouvât présent pour examiner les déblais et publier le résultat de l’examen.

Le grand fait énoncé par Cuvier est encore aujourd’hui vérifié tous les jours. Toutes les espèces sont différentes des espèces actuelles, et d’autant plus que les couches sont placées plus bas. Certaines couches supérieures seules, qui sont souvent des alluvions de vallées, ou quelquefois des dépôts hétérogènes recouvrant assez irrégulièrement tous les autres, ne renferment guère que des débris d’animaux actuels, souvent, il est vrai, disparus du pays, et mêlés à un petit nombre de types de curieuses espèces aujourd’hui éteintes. On les a caractérisées par l’expression de diluvium.

Un point inconnu de Cuvier, et même nié d’avance par lui, a été universellement reconnu dans ces vingt dernières années, et a été le point de départ d’une branche nouvelle de la science : c’est la présence dans ce diluvium de débris de V homme primitif et de son industrie.

Un autre fait non moins considérable, c’est que chacune des couches superposées contient des groupes d’espèces qui diffèrent de celles d’au-dessous et d’au-dessus; de sorte que ces espèces forment une population, ou, comme on dit, une faune caractéristique que l’on retrouve au même niveau sur une immense étendue. Le nombre de ces faunes superposées, le plus souvent très-distinctes, est considérable; de sorte qu’on connaît aujourd’hui, dans certains groupes naturels, beaucoup plus d’espèces fossiles que d’espèces vivantes.

L’examen de ces espèces montre qu’elles sont presque toutes aquatiques, et le plus souvent marines. La conservation des traces de leurs débris solides montre que

LA GÉOLOGIE

ceux-ci ont été ensevelis dans le limon du fond de l’eau, qui s’est ensuite solidifié autour d’eux par le temps.

On sait qu’il ne reste aucune trace des tissus même les plus durs d’un être vivant, lorsqu’ils restent exposés quelque temps aux agents atmosphériques à la surface du sol.

La faible quantité des restes d’animaux lluviatiles ou terrestres cantonnés dans des terrains reconnus pour être des dépôts de lac, de rivage ou d’embouchure, l’excessive rareté des oiseaux , qui , mourant dans les arbres ou les broussailles, sont plus difficilement que les animaux terrestres entraînés par les pluies dans les cours d’eau, tout prouve que les terrains où l’on trouve les fossiles ont été formés par le dépôt, au fond de l’eau tranquille et le plus souvent des mers, des sédiments qu’entraîne en suspension l’eau courante.

De là deux conclusions, qui forment la base de la géologie actuelle. Nous connaissons déjà la première. Le sol des plaines que nous foulons aux pieds est formé par d’emciens fonds de mer, ou quelquefois de lacs d’eau douce. Donc les mers ont changé de place : elles ont couvert et abandonné chaque portion du sol à diverses reprises. Or le niveau des mers, résultant de l’attraction générale de la masse du globe, ne varie pas. C’est donc le sol qui est instable. Cuvier croyait que les changements de niveau étaient presque toujours brusques; on sait aujourd’hui, comme nous l’avons vu au chapitre précédent , que les grands bouleversements sont rares, et que le changement de place des mers est dû à des mouvements lents.

Voici la seconde conclusion. Si, entre les dépôts de deux couches consécutives, des espèces animales ont eu le .temps d’apparaître, de croître, de décroître et de s’éteindre, ces dépôts ont dû, non-seulement mettre longtemps à se former, mais souvent aussi être séparés par

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