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CHAPITRE VII

La différence entre l’homme et la bète la plus parfaite est d’un tout autre ordre que celle qui sépare les diverses espèces animales : les perfectionnements de l’organisme ne s’appliquent pas chez l’homme à la vie matérielle , pour laquelle il est souvent inférieur à la bête, mais à la vie intellectuelle et morale, qui est ajoutée chez lui à la vie de relation des animaux et à la vie de nutrition des végétaux. On ne peut pas plus conclure de la bête à l’homme que de la plante à la bête.

Même à ce point de vue plus restreint de l’origine des espèces animales, la théorie du darwinisme vient se briser contre une preuve matérielle irréfragable: l’expérience des trente à quarante siècles qui constituent les temps historiques de l’homme constate que les formes d’une même espèce n’ont pas varié, quand les conditions de vie n’ont, pas changé, et qu’elles ne peuvent se modifier au delà de certaines limites, quand ces conditions de vie, climat, nourriture, exercice, etc., sont considérablement altérées.

Grâce au soin' religieux avec lequel nous ont été conservés à l’état de momies bien embaumées les animaux de l’antique Égypte, on a pu vérifier que les types vivant à l’état sauvage étaient, il y a trois mille ans, identiquement pareils à ce qu’ils sont encore aujourd’hui dans le même pays. Quant aux animaux domestiques, dont les soins de l’homme ont fait naître d'innombrables variétés, leur anatomie comparée est aujourd’hui étudiée assez en détail pour qu’on ait pu reconnaître, parmi les fossiles les plus récents, quel est leur type originaire.

Mais on n’a pu faire cette étude pour les races sauvages produites par migration, transport fortuit, inondation, etc., races qui ont été souvent prises pour des espèces distinctes par les classificateurs ; il est probable que l’étude approfondie diminuera notablement le

LA GEOLOGIE

nombre des espèces aujourd’hui inscrites sous ce titre.

Si l’apparition des espèces est le résultat d’une grande loi naturelle à nous inconnue, cette loi ne doit plus aujourd’hui trouver remplies les circonstances qui devaient la mettre en action ; un état d’équilibre , qui réduit au repos celte manifestation particulière de l’activité divine, est aujourd’hui établi; la faune actuelle se réduit peu à peu sans se renouveler, et la période de l’histoire du globe caractérisée par la présence de l’homme, le chefd’œuvre de Dieu, a tous les caractères scientifiques propres à nous affirmer qu’elle sera la dernière et clora la durée des temps.

Il y a lieu de croire toutefois qu’elle est et a été la plus longue, et que les durées des périodes nombreuses qui ont eu successivement des faunes différentes, ont élé toujours en augmentant à la manière des ternies d’une progression géométrique, ainsi que le font, par exemple, les temps que met un corps chaud à perdre d’égales quantités de chaleur, ou un corps électrisé à perdre d’égales quantités d’électricité.

La science de la géologie n’a pas encore aujourd’hui la prétention d’estimer, même approximativement, ces énormes durées. Elle ne peut même pas facilement trouver, pour séparer les diverses époques, ces grands événements qui sont employés en histoire.

Les classifications et les divisions de détail en ce moment adoptées dans l’enseignement classique sont peut-être encore bien loin de couper en périodes homogènes la vraie histoire des temps géologiques. Toutefois on est assez d’accord sur les grandes divisions principales, et il est peu probable qu’elles soient entièrement changées dans l’avenir.

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