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DIVISIONS DE L’HISTOIRE DU GLOBE. — TERRAINS PRIMAIRES

Comme dans l’histoire civile on consulte les titres, on recherche les médailles, on déchiffre les inscriptions antiques, de même dans l'histoire naturelle il faut fouiller les . archives du monde, tirer des entrailles de

la terre , et rassembler en un corps de preuves tous les indices qui peuvent nous faire remonter aux différents âges de la nature.

Buffon.

Dans l'histoire des peuples, on est amené par la nature différente des documents qui servent à la construire à admettre quatre sortes de périodes : 1° la période contemporaine, où les sources surabondent, mais où les passions et les intérêts, autant que le grand nombre, rendent l’appréciation difficile et le débrouillement laborieux; 2° la période historique, où les sources, plus rares, sont plus probantes, parce qu’elles onL subi l’épreuve du temps et de la discussion; 3° la période légendaire, où les monuments et les écrits manquent; les sources se réduisent à d’informes traditions qu’il faut expliquer, discuter et traduire ; 4° enfin, la période fabuleuse, où, les traditions mêmes manquant, on n’a plus pour guides que l’imagination et les analogies.

Dans l’histoire géologique du globe, les fossiles, l’ordre tic stratification, les traces de ravinements, représentent les médailles, les manuscrits datés, les débris de constructions; les superpositions se discutent comme les traditions, et l’analyse chimique des roches remplace l’analyse philosophique des légendes. Les procédés sont tout à fait parallèles, et la division peut être identique.

LA GEOLOGIE

Nous trouvons donc, en remontant l’histoire de notre globe :

1° Des temps contemporains; c’est l’époque qu’on nomme diluvienne ou quaternaire, caractérisée par les traces de la présence de Yhomme et les restes d’animaux et de végétaux appartenant à des espèces encore aujourd’hui vivantes. (Celles qui sont éteintes le sont seulement depuis l’apparition de l’espèce humaine.) La géologie de cette époque était à peine ébauchée il y a trente ans : elle est en ce moment en voie de formation : les recherches sont ardentes, les trouvailles surabondent; mais les discussions ne restent pas sur le terrain géologique, et se compliquent de questions brûlantes : notre génération verra cependant bientôt, nous l’espérons, la constitution d’un corps de science adopté par l’opinion générale.

2° Les temps correspondant à ceux qu’on nomme historiques peuvent s’appeler les époques fossilifères ; ce sont les plus connues, celles dont l’étude constitue la partie principale de la géologie classique. On est d’accord pour y compter trois âges distincts : l’âge tertiaire, ère des mammifères herbivores, de la prédominance de la vie terrestre; l’âge secondaire, ère des reptiles aquatiques, de la prédominance de la vie marine; et l’âge primaire, ère des organismes primitifs, des charbons fossiles, de la prédominance de la première vie végétale.

3° Les temps légendaires sont représentés par l’époque azoïque, où se sont formées ces immenses épaisseurs de sédiments cristallins, coulées et précipités chimiques sans traces d’êtres vivants, quartzites, talcschistes, micaschistes et gneiss, avec leur support de granit, produits d’un état de qhoses difficile à imaginer, obscur à déchiffrer, mais à coup sûr incompatible avec la vie.

4° Enfin les temps fabuleux auraient pour représen-

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