CHAPITRE VII
position d’énormes entassements de végétaux mous , à l’abri du contact de l’air et sous forte pression, qu’on doit le pétrole , cette huile liquide si abondante, et aujourd’hui si célèbre, dont des mains françaises n’ont su faire qu’un instrument de honte, tandis que les Américains savent en faire l’instrument de leur fortune et de leur puissance. Or on trouve déjà du pétrole en Amérique dans le terrain silurien supérieur.
Toutefois le vrai terrain du pétrole est le terrain devonien. C’est au Canada dans les couches devoniennes inférieures, et en Pensylvanie dans les couches devoniennes supérieures, que ce liquide forme des nappes ou filons d’une incroyable abondance. Du reste, c’est aussi dans ce terrain qu’on trouve les premiers charbons fossiles. Aussi les Belges l’appellent-ils terrain anthracifère, les charbons y prenant le plus souvent la forme d’anthracite. Notre charbon d’Ancenis, près de Nantes, est fourni parle terrain devonien.
Au point de vue minéralogique, ce terrain se distingue du précédent par l’abondance des calcaires. Les marbres si connus de Civet, de Sablé, de Sainte-Anne, de Caunes, de Campan, de Cerfontaim?, sont des calcaires devoniens dont les jolies veines sont dues soit à des fossiles, soit à des pénétrations de matières talqueuses.
Les roches éruptives qui se sont épanchées à l’époque devonienne sont surtout des porphyres, qui forment souvent d’énormes massifs, comme ceux du Morvan, du Rhône, de la Haute -Loire, des Vosges; les filons sont riches, notamment en fer oligiste.
Fig. 98. — Pterichthys, poisson devonien.
LA GÉOLOGIE
Les terrains siluriens et devoniens, longtemps compris sous la dénomination unique de terrains de transition antérieurs à la houille , sont généralement superposés dans les mêmes bassins, ont subi ensemble l’action métamorphique, et présentent ordinairement, par suite des nombreux mouvements de terrains opérés depuis leur dépôt, des inclinaisons ou des plissements assez semblables. Ainsi les plaines intérieures de la Bretagne , de Châteaulin à Carhaix, de Pontivy à Rennes et à Angers, sont formées par des plissements multipliés des couches de transition, dont des déblais postérieurs ont enlevé toutes les saillies et fait des surfaces plates. On peut en dire autant des plateaux des Ardennes.
On pourrait, à l’exemple de ces premiers, grouper ensemble , sous le nom de carbonifères , les derniers terrains primaires, qui s’associent souvent et offrent à peu près les mêmes allures. On les nomme en France le calcaire carbonifère, le terrain houiller et le terrain permien.
Le second est surtout célèbre parce qu’il renferme la houille , ce trésor de la civilisation moderne , cette source inépuisable de force que le soleil des temps géologiques a mis des centaines, peut-être des milliers de siècles à accumuler pour l’homme , et que nous allons gaspiller en deux ou trois cents ans; la houille, dont les principales mines actuelles, partagées entre quatre nations d’Europe, l’Angleterre , la Belgique , la Prusse et la France , et une d’Amérique, les États-Unis, ont plus de trois fois la valeur de toutes les mines d’or et d’argent du monde entier !
On dit souvent que la houille est due à l’ensevelissement et à la décomposition , à l’abri du courant de l’air,