CHAPITRE VII
d’immenses el épaisses forêts primitives. Le mot forêts donnerait une idée fausse de la végétation qui a fourni les houillères. On a calculé que les plus belles forêts vierges d’Amérique ne donneraient pas une couche de houille de plus de deux centimètres d’épaisseur moyenne. Il faut plutôt se figurer des tourbières, c’est-à-dire des entassements de végétaux marécageux capables de pousser les uns sur les débris des autres; mais alors il faut
Fig. 99. — Vue idéale des végétaux de l'époque houillère.
grandir les choses de manière que les prèles soient hautes comme des peupliers, les fougères comme des palmiers, et les lycopodes comme des chênes (fig. 99). Tout le monde connaît les prèles ou queues de cheval, qui poussent dans les marais et les prés humides, ces plantes au toucher rude , à cause de la silice qu’elles renferment et qui
LA GEOLOGIE
les rend très-propres à polir les bois et les métaux ; l’immense majorité des végétaux houillers se rapproche assez de leur forme: les sigillaires, les plus fréquents, étaient intermédiaires par leur organisation entre les prèles et les sapins. Les calamites étaient de véritables prêles, et les lepidodendrons de véritables lycopodes : les fougères de ce temps étaient également remarquables par leur nombre et leur taille.
Les fossiles les plus remarquables des terrains carbonifères sont donc fournis par le règne végétal, qui prédominait extrêmement dans tous ces temps primaires, et dont les débris s’accumulaient au lieu d’être consommés comme aujourd’hui par l’alimentation du règne animal. Celui-ci était représenté par des espèces encore assez analogues de forme avec celles des terrains de transition. Un genre de mollusques brachyopodes, les productifs , devient extrêmement fréquent et peut caractériser le groupe entier. Les poissons deviennent plus nombreux et même
Fig. 100. — Poisson ganoïde des terrains primaires.
très -abondants après la houille, dans le terrain permien ; mats toujours avec ces formes bizarres, ces cuirasses d’écailles, cette grande arête prolongée dans la partie supérieure de la queue, ce type ganoïde (fig. 100), dont on ne