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CHAPITRE VII

très-lents : les couches se forment sur une grande épaisseur. Les calcaires dominent, revêtant successivement les formes coquillère, oolithique, crayeuse.

Le trait géographique le plus saillant pour nous Français, est qu’au commencement de ces époques secondaires se dessine nettement pour la première fois cette dépression caractéristique du sol du nord de la France qu’on appelle le bassin de Paris : l’enceinte formée par les saillies des Vosges, du Morvan, du plateau central, du massif breton-normand, restera désormais occupée soit par une mer, soit plus tard par un lac ou une plaine basse, et se couvrira successivement de ces couches secondaires et tertiaires, superposées comme de gigantesques crêpes dans une immense assiette.

L’étude des fossiles nous apprend qu’à partir de cette époque commencent à s’accuser, par des différences d’espèces animales el végétales dans les diverses parties du globe, les climats dus à l’action inégale des rayons du soleil. Jusque-là cette action n’apparaît pas, sans doute à cause de la prédominance de la chaleur intérieure du globe, et de l’humidité ou du défaut de transparence de l'atmosphère. Les végétaux de la houille sont les mêmes

Fig. 103. — Archéoptéryx trouvé dans les marnes de Solenhofen en Bavière.

LA GEOLOGIE

aux terres polaires qu’à Saint-Etienne, qu’en Angleterre et en Océanie. Pendant les époques secondaires, cette uniformité disparaîtra peu à peu, et, au commencement de l’époque tertiaire, les zones torride, tempérée et glaciale seront déjà assez nettement dessinées.

On divise habituellement en France les terrains secondaires en trois : le terrain triasique, ainsi nommé de sa division, assez nette, en trois étages ; le terrain jurassique, ainsi nommé parce qu’il forme entièrement la chaîne du Jura; et le terrain crétacé, ainsi nommé à cause de la craie (creta), qui forme sa partie supérieure.

En réalité , les caractères généraux que nous avons signalés pour les terrains secondaires appartiennent surtout aux terrains jurassique et crétacé. Le terrain triasique se rapproche beaucoup du terrain permien par certains fossiles; tous les deux contiennent les traces de pas ou les restes d’une sorte d’énorme crapaud (fig. 104) qu’on nomme labyrinthodon.

Quelques géologues, surtout ceux qui ont étudié ces terrains hors d’Europe, réunissent les terrains permien et triasique pour former un groupe intermédiaire entre les vrais terrains primaires et les vrais terrains secondaires, et désignent alors le terrain permien, pour faire le pendant à celui-ci, par le nom de dyas. Nous sommes très-porté à adopter cette manière de voir, et nous avons colorié les deux terrains de la même teinte sur la carte géologique.

C’est en allant autour des Vosges, en Lorraine surtout, que l’on peut voir le terrain triasique bien complet. Son étage-inférieur, le grès bigarré, forme, en se relevant contre le noyau de la chaîne, la plupart des contre- forts de la montagne. C’est un grès fin, micacé, assez facile à tailler,

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