‹ Les montagnesChapitre 174 sur 313 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

période quaternaire commenceraient donc les temps contemporains.

Les grands phénomènes de ravinement ont tout naturellement été rapportés à ce cataclysme effroyable, dont le souvenir se retrouve au début de la plus antique histoire de toutes les nations qui en ont une, c’est-à-dire à ce que nous appelons le Déluge. Mais s'il est facile de retrouver les traces du Déluge dans l’histoire des peuples, il est fort difficile de les distinguer dans notre sol, où de grands ravinements peuvent aussi bien s’expliquer par beaucoup de temps pour peu d’eau, que par beaucoup d’eau en peu de temps, et où les preuves d’une érosion primitive sont très-aisément effacées par les érosions subséquentes.

Ce qui est plus facile à constater, c’est la production relativement récente de quelques grands phénomènes éruptifs très-capables de produire, sur une portion considérable des continents, des inondations prolongées et destructives.

Nous avons dit que le dernier soulèvement de montagnes dont la terre ait été le théâtre, celui des Alpes principales, était postérieur au dépôt des premiers terrains regardés comme quaternaires.

Nous avons ajouté qu’aujourd’hui l’écorce épaissie ne pourrait plus être soulevée sur d’aussi immenses étendues, et que les soulèvements dus aux causes souterraines se réduisent, d’un côté, à des mouvements d’une imperceptible lenteur, de l'autre, aux phénomènes volcaniques. Ceux-ci, du reste, ont commencé à se produire bien plus tôt, dès le milieu de l’époque tertiaire. Les premiers volcans éteints du centre de la France et d’ailleurs sont certainement plus anciens que bien des pics des Alpes. Nous reviendrons, à propos des volcans, sur la fréquence de leurs éruptions, qui a été un des caractères de l’époque quaternaire.

LA GEOLOGIE

Il est aujourd’hui bien prouvé que depuis l’apparition de l’homme sur la terre, une dernière convulsion s’est produite par la simultanéité d’un certain nombre de grandes éruptions volcaniques. Elie de Beaumont indique comme devant s’être formées à la fois toutes ces bouches volcaniques alignées sur la chaîne des Andes, qui doivent être le résultat d’une immense fissure. Cette ligne de volcans, continuée par celle de la cùte orientale d’Asie, forme presque avec elle un grand cercle du globe.

Le groupe colossal des volcans de l’Arménie, dont l’Ararat fait partie, doit avoir produit aussi, lors de sa formation , d’épouvantables effets de destruction sur la partie centrale de l’ancien continent, où s’est développé d’abord le genre humain.

Malheureusement, les observations géologiques détaillées, suivies et comparées, qui peuvent seules permettre de tirer des conclusions d’ensemble , n’ont pas été faites dans cette région occidentale de l’Asie, où l’homme primitif doit avoir laissé le plus de traces; ou bien elles n’ont été faites que par des archéologues trop peu familiers avec la géologie.

Toutes les études sérieuses sur les phénomènes terrestres contemporains des premiers hommes ont été faites dans l’Europe, dont les plus anciens habitants n’ont pas d’histoire. La science nouvelle, qui doit relier les périodes géologiques aux périodes historiques, tâtonne encore.

Voici un autre point très-important qu’ont étudié surtout les géologues d’aujourd’hui.

A l’époque où la forme actuelle de notre sol a été à peu près entièrement modelée par le dernier soulèvement des Alpes, l’Europe avait un climat froid et humide, assez sein-

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