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CHAPITRE VII

blable à celui des régions polaires australes d’aujourd’hui, où, à la latitude de Paris, la mer porte des glaces flottantes. Tout le nord de l’Europe actuelle, jusqu’à la mer Baltique, était couvert de glaces. Une convulsion du globe, accompagnée d’une élévation de température, a brisé et dispersé ces glaces, et leurs débris flottants ont transporté, en fondant dans 'es plaines de Prusse et de Pologne alors couvertes par la mer, les rochers qu’ils portaient, éboulés des montagnes de la Scandinavie. Un fait analogue a été reconnu dans la région des grands lacs de l’Amérique du Nord.

Dans ces mêmes temps, les montagnes delà région tempérée actuelle, les Vosges , le Jura, ce qui existait déjà des Alpes, les Pyrénées, etc., accumulant les neiges extrêmement abondantes d’un climat bien plus humide qu’aujourd’hui, s’étaient couvertes d’énormes glaciers, qui descendaient par les vallées jusque dans les plaines basses. Ainsi le glacier du Valais actuel remplissait non-seulement toute cette vallée, mais toute la cavité du lac Léman, s’étalait sur la plaine suisse, buttait contre le Jura, passait pardessus dans la direction de la route de Genève à Lyon, et une de ses branches paraît être arrivée jusqu’à Lyon, contre la colline actuelle de Fourvières.

Après la débâcle des glaces du nord (peu ou beaucoup, nous n’en savons rien), il a dù se produire, sur toute la surface de l’Europe, une inondation gigantesque; cette inondation a dessiné par ses ravinements le réseau des vallées d’érosion qui sillonnent aujourd’hui les plaines, en y laissant pour traces des dépôts meubles remplis de cailloux roulés, provenant des débris des roches que l’on retrouve en place beaucoup plus haut, dans la direction des Alpes. Les dépôts, désignés du nom de diluvium, ont fait donner à tous ces terrains et à tous ces temps

[.A GÉOLOGIE

postérieurs à l’époque tertiaire le nom de terrains et temps diluviens.

Le climat européen a encore été froid et humide après le diluvium; car les glaciers ont repris possession des montagnes, moins cependant que la première fois : ainsi le glacier du Rhône venait jusqu’à Genève. Depuis, la température s’est élevée peu à peu ; mais l’humidité restant considérable, les rivières et les fleuves avaient un volume et une puissance d’érosion dont les nôtres ne donnent qu’une faible image. L’action prolongée de toutes leurs eaux a sculpté les montagnes et creusé les vallées jusqu’au point actuel.

De puissants dépôts meubles comme ceux du diluvium alpin, mais dont les matériaux sont empruntés moins loin, et dus à des inondations plus récentes, recouvrent le diluvium gris. On y distingue généralement deux couches, que l’on regarde comme représentant deux âges successifs : le lœss ou terre à brique, et le diluvium rouge.

L’augmentation graduelle des causes d’échauffement qui donnent aujourd’hui à l’Europe un climat privilégié, le courant d’eau chaude du gulf-stream, qui nous vient du Mexique, et le vent chaud du fœhn , qui nous vient du Sahara, récemment émergé, ont secondé puissamment le défrichement du sol et sa mise en culture par l’homme, pour réduire l’action des eaux à ce qu’elle est chez nous aujourd’hui.

La simple succession des dépôts ne prouverait rien sur les temps écoulés ; ce peuvent être indifféremment des jours, des années, des siècles. 11 en est tout autrement des espèces vivantes. Voici où l’on en est à cet égard.

On trouve encore aujourd’hui, sur les flancs des escarpements calcaires qui bordent nos plaines, des cavernes

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