‹ Les montagnesChapitre 176 sur 313 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qui ont servi successivement de refuge aux animaux sauvages de tous ces temps, puis d’habitation ou de lieu de réunion, ou même de sépulture des hommes primitifs.

Les animaux qui ont été les premiers maîtres de ces cavernes étaient de grands carnassiers, dont on trouve les ossements par centaines de générations, mêlés à ceux des animaux qui leur servaient de nourriture. Ceux-ci sont les types herbivores encore aujourd’hui vivants, chevaux, boeufs, moutons, cerfs, avec une foule de petits animaux, tels que lièvres, rats, belettes, etc. Dans les fentes des rochers, dans les trous protégés contre les eaux courantes, on trouve, au milieu d’un limon terreux, les restes delà plupart des espèces actuelles. Dans les dépôts du fond des vallées, on trouve souvent leurs os brisés et roulés, surtout les dents. Aux espèces qui vivent encore dans la con- Lréo se joignent souvent des espèces qui ne vivent aujourd’hui que dans d’autres pays, presque toujours plus froids. Par exemple, on voit que le renne actuel de Laponie a été pendant longtemps commun en France.

Enfin un petit nombre d’espèces d’animaux de ces temps, mais tous de grande taille, et par conséquent les plus remarquables, ont entièrement disparu du globe aujourd’hui; et, comme on a des preuves certaines qu’ils ont été contemporains des premiers hommes, il est probable qu’ils ont été détruits par ceux-ci; de même que nous avons vu, dans les temps historiques, les nioas de la Nouvelle-Zélande, les dodos des îles Mascareignes, les grands cerfs de l’Islande, et d’autres, disparaître sous les coups de l’homme , de même que disparaîtront dans un avenir prochain les aurochs de la Lithuanie , les tapirs d’Amérique, les girafes d’Afrique, les rhinocéros, les hippopotames et les éléphants, les phoques, les dugongs et les baleines.

LA GEOLOGIE

Les premiers possesseurs des cavernes sont précisément du nombre des animaux disparus ; ce sont, en France et en Allemagne, un grand ours, d’une taille plus que

Fig. 113. — Crâne de l’ours des cavernes.

double des nôtres (fig. 113), et en Angleterre, une grande hyène; près des montagnes, on a trouvé les restes du grand felis, plus grand que notre tigre (est-ce le lion de Némée?). Il faut y ajouter quelques grands herbivores dont deux sont devenus célèbres, parce qu’on les a trouvés avec leur chair et leur poil, en Sibérie, gelés dans d’énormes glaçons. Le premier est un éléphant, et le plus grand des éléphants après le dinothérium, de plus un éléphant poilu, c’est-à-dire organisé pour vivre dans les pays froids ou tempérés : c’est le fameux mammouth (%• 117). Ses énormes défenses sont assez communes en Sibérie pour que l’ivoire fossile fasse concurrence dans le commerce à l’ivoire frais. L’autre, dont les ossements accompagnent ordinairement ceux des mammouths dans nos terrains diluviens, est le rhinocéros tichorinus, ou rhinocéros à narines cloisonnées.

En Amérique, où le terrain diluvien est très-développé, on a trouvé aussi, avec les ossements des espèces encore vivantes, ceux de quelques grosses espèces disparues. Mais ce n’est plus parmi les ongulés, c’est parmi les

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