‹ Les montagnesChapitre 183 sur 313 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

découvertes géologiques, jadis admise par saint Augustii et d’autres Pères de la primitive Eglise, plus près de nous par Bossuet, qui traduit instinctivement se x dies par si? progrès, est devenue à peu près la seule enseignée dans nos grandes écoles théologiques1.

C’est un principe philosophique incontestable, trèsadmis en théologie, qu’on ne doit pas faire intervenir des miracles quand ils ne sont pas nécessaires. Remarquons (pie la création, qui est l’établissement des lois de h nature, doit nous les montrer obéies dès que Dieu les i voulues. Ces lois, œuvres de Dieu, que nous voyons au jourd’hui si ponctuellement suivies , demandent du temps des siècles, des milliers de siècles peut-être, pour produira chacune des œuvres des six jours.

Nous pouvons ajouter que les longues périodes parais sent plus conformes à l’idée que nous nous faisons d< Dieu, à qui ne coûtent ni la matière ni l’espace, et il fau ajouter, ni le temps; de Dieu, qui a toujours accompli le: plus grands résultats par les moyens les plus simples; i nous semble évident que l’œuvre divine doit avoir l’im mensité dans le temps, comme elle l’a dans l’espace, e que ce serait rapetisser l’idée de Dieu que de vouloir, pai

i Les aulorités catholiques qui ont surtout contribué à populariser de no jours les explications qui mettent la Genèse d’accord avec les sciences géologiques, sont : le cardinal Wiseman et les théologiens anglais, les PP. Pian cini et Secchi , du Collège romain, et en général l’enseignement des PP. jé suites, les professeurs de théologie des écoles romaines et des université allemandes; en France, de nombreux évêques, Ms* Meignan en tête, et, leur suite, de nombreux docteurs en théologie, parmi lesquels on peut cite deux géologues distingués, M. l’abbé Lambert et M. l’abbé Bourgeois; l’en seignement intérieur de nos ordres religieux, dont nous avons pour témoin ces belles conférences, si populaires, des PP. Félix, Monsabré, Dulong d Rosnay, etc. Nous pouvons citer spécialement les oratoriens , parmi lesquel est une lumière pour ces questions, le P. de Valroger. La liste serait tro] longue, s’il fallait citer les aulorités laïques, et surtout y ajouter les pro testants, qui sont d’accord avec nous dans la défense de la Bible.

DEUX PAGES DE LA GENÈSE

une interprétation certainement arbitraire, et un peu trop réduite à notre taille, enlever tout un ordre de grandeur à ses ouvrages.

Essayons donc un nouveau commentaire, suivant l’exemple qu’ont donné tant de fois dans ce siècle d’illustres écrivains catholiques. Sacrifions carrément la forme littéraire pour nous attacher au sens scientifique, et lisons les premières pages de la Genèse, en essayant de mettre sur le mot antique l’idée qui lui correspond, mais exprimée avec le secours de toutes ces notions nouvelles qu’ont amenées sur la nature matérielle les sciences modernes. Ne cherchons pas à prendre les textes sacrés à témoin de la vérité de nos hypothèses scientifiques, qui changeront, hélas ! probablement plus d’une fois dans l’avenir, et sont peut-être, dans notre ignorance nécessaire des causes premières, destinées à changer toujours; mais montrons uniquement, pour nous encourager dans l’étude des sciences, qu’aucune de leurs affirmations qui nous paraissent le mieux fondées n’est contraire à ces textes, et qu’il n’y a là, pas plus qu’ailleurs, d’opposition nécessaire et fatale entre la raison et la foi.

Pour rendre le parallèle plus frappant, nous allons d’abord présenter, sous la forme de courts tableaux de l’état des choses aux diverses époques géologiques, les résultats principaux que nous avons présentés dans ces trois derniers chapitres.

1° La matière des astres ou matière pondérable, qu’il ne faut pas confondre avec la substance impondérable qui transmet la chaleur et la lumière, et que l’on nomme Yéther, est d’abord répandue dans l’espace à l’état de gaz extrêmement raréfiés et dissociés, c’est-à-dire libres de

Page 1