CHAPITRE VIII
ibis cette phrase, et ce choix de la pensée principale qui revient comme un refrain, s’accorde bien avec l’opinion qu’il s’agit d’une comparaison, d’un exemple.
11 y a d’ailleurs ici un jeu de mots intraduisible : le commencement du jour est appelé soir ; mais le mot hébreu veut dire en même temps confusion, mélange : la fin est appelée matin ; mais le mot hébreu signifie aussi première apparition, première naissance. Les Hébreux, on le sait, et la plupart des peuples anciens, comptaient la journée à partir du coucher du soleil , et la liturgie catholique a gardé cet usage : le soir est donc bien à sa place avant le matin b
Nous pourrions donc interpréter ainsi , en tenant compte du jeu de mots provenant de l’étymologie des deux termes traduits par soir et matin : « Voilà, après une confusion qui est comme un soir, une première naissance qui est comme un matin : c’est un premier acte de la création tout à fait comparable à un de nos jours de travail. »
Et dixit Deus : Sit expansio in medio aquarum et sit dividens inter aquas et aquas; et fecit Deus expansionem , et divisit inter aquas quæ subter expansionem , et inter aquas quæ super expansionem. Et fuit ita. Et vocavit Deus expansionem cœlos; et fuit vespera, et fuit mane, dies secundus.
Le mot hébreu rakia (expansio), que saint Jérôme a traduit par firmamentum , sous l’influence des idées de
i On peut regarder encore comme une preuve que Moïse entendait bien au ligure la semaine de Dieu, ce fait qu’au précepte du repos du septième jour il ajoutera celui du repos de la septième année : Sabbatum lerrœ, requies Domini ; la jachère obligatoire de la terre après six récoltes, puis l’année du jubilé après sept fois sept ans.
DEUX PAGES DE LA GENÈSE
son temps, veut dire simplement : étendue, espace libre; il serait excellent pour rendre l’idée moderne d’un gaz. Les eaux qui sont au-dessus de cet espace gazeux et transparent ne peuvent être que les nuées épaisses qui ont dû rester suspendues dans l’air après la précipitation d’une grande partie de l’eau sur la croûte terrestre refroidie. Comparez les magnifiques commentaires sur la création que nous trouvons dans le livre de Job, et qui ne me paraissent pas laisser de doutes sur le sens de ce passage.
Au chapitre xxvt (v. 7 et suiv. ), il est dit de Dieu: Qui extendit aquilonem super vacuum, et appendit terram super nihilum: « 11 a pu étendre l’élément froid et humide par-dessus l’air transparent, comme il a pu suspendre la terre entière au-dessus des espaces vides. » Qui ligat agitas in nubibus suis, ut non erumpant pariter deorsum : « Il a lié les eaux en forme d’immenses nuages , afin qu’elles ne se précipitent pas en bas toutes à la fois. » Qui tenet vultum solii sui, et expandit super illud nebulam suam : « Il tient caché l’aspect du ciel où est son trône, en étendant au-devant de lui le rideau de ses nuées. »
Il s’agit bien du deuxième jour; car, deux versets plus loin, il parle du rassemblement des mers, œuvre du troisième jour, puis de l’apparition des astres, au quatrième jour. Nous verrons bientôt qu’il revient encore sur cet important sujet des nuages aux chapitres xxxvi et xxxvm.
Nous pourrions donc traduire : « Sur l’ordre de Dieu , un espace libre se produisit au milieu des eaux précipitées. » Expansio in medio aquarum, clividens inter aquas et aquas: « Les séparant de telle sorte, qu’il y avait un océan liquide (ou boueux) au -dessous de cet espace, » subter expansionem, « et des nuées, poussières liquides, suspendues au-dessus de lui, » super expansionem. « C’est