‹ Les montagnesChapitre 191 sur 313 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Et Deus fecerat duo luminaria magna : luminare majus ad dominium diei, et luminare minus ad dominium noctis , et stellas. (Les étoiles importent peu à l’homme; elles sont citées en passant, sans insister.)

« Et Dieu les avait posés, désormais visibles à travers l’atmosphère transparente , pour envoyer leur lumière sur la terre, pour être les objets les plus apparents dans le jour et dans la nuit, et pour déterminer la division du temps par l’observation de la lumière et des ténèbres. Et Dieu vit que c’était bien.

« Et il y avait eu une confusion ou soir (rien n’empêche de supposer que ce vespera a été le résultat des énormes éruptions porphyriques qui ont partout suivi la houille, et rougi toutes les roches des temps permiens et triasiques) , puis une première apparition ou matin : voilà bien le quatrième jour de travail du Créateur. »

Et Deus dixil : Beptificent aquœ reptile animai vivenlis. Remarquons qu’il n’est pas question de poissons ; les premiers animaux cités sont les reptiles. Le monde de la mer peut être merveilleux; mais pour les peuples primitifs il avait peu d’intérêt. Le texte sacré caractérise chaque époque par la nouvelle apparition ayant le plus d’importance au point de vue humain. La lumière, au premier jour, nous touche de plus près que les substances chimiques qui la produisent; l’atmosphère, au deuxième jour, plus que le granit et les schistes ; les plantes de la houille, au troisième jour, plus que les trilobites ; le splendide lever de rideau qui laisse voir les astres, au quatrième jour, plus que les poissons devenus nombreux après la houille. 11 en est autrement des animaux ipii respirent comme nous, et que caractérise celte

DEUX PAGES DE LA GENÈSE

expression hébraïque composée, traduite par les mots cmimœ viventis.

Reprenons le texte : Et Deus dixit : Reptifîcent aquœ reptile animce viventis et volatile super terram, super faciès expansionis cœlorum. Et creavit Deus cetos magnos , et omnem animant viventem repentent , etc.

« Alors, par la volonté de Dieu, les eaux se remplirent de toutes sortes d’animaux nageants, et l’air d’animaux volants au-dessus de la terre et de tous les cotés dans l’atmosphère. Et Dieu avait créé de grands monstres marins ( cetos magnos : le mot y était, croyez-le bien, avant la découverte de l’ichthyosaure), et toutes sortes d’animaux à poumons, rampants ou nageants. »

Un géologue, aujourd’hui, ne pourrait plus simplement désigner en quelques mots de langage ordinaire les époques jurassique et crétacée.

Et fuit vespera, et fuit mane, dies quintus. L’époque de confusion, qui aurait été le soir par ou débuterait ce cinquième jour, est indiquée par le changement profond de configuration du sol avant les terrains jurassiques : mais du commencement de ces derniers à la fin des terrains crétacés, la superposition régulière indique une longue période de tranquillité.

Et clixit Deus : Producat terra anintam viventem ad speciem suant, jumentum et reptile (un autre mot hébreu (pie celui du cinquième jour, celui par lequel on désignerait les lièvres, les martes, etc.) et feram terne secundum speciem suant...

« Sur l’ordre de Dieu, la terre, à son tour, se couvrit d’animaux de diverses espèces (ici encore la classification au point de vue de l’homme), comme sont aujout>

Page 1