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CHAPITRE VIII

ce mois, émergèrent les premiers sommets des collines. »

Nous pouvons abréger les détails qui suivent, où notre explication n’a plus guère à signaler de différence avec ce que tout le monde connaît.

Après quarante nouveaux jours d’attente, Noé ouvre la fenêtre de l’arche, lâche un corbeau, puis une colombe qui revient, et qui, lâchée de nouveau après sept autres jours d’attente, rapporte dans son bec une feuille d’olivier arrachée : Et ecce folium olivœ raplum in ore. Noé en conclut que les eaux ont abandonné les régions fertiles : Quod alleviatæ essent aquœ super terram. Nous retrouvons là, bien évidente, cette signification restreinte du mot traduit par terra, la terre habitable.

Noé attend encore sept jours pour enlever la couverture de l’arche, et il voit les vallées débarrassées des eaux. Au bout de cinquante-sept jours encore, le sol est suffisamment sec, et, sur l’ordre de Dieu , Noé sort de l’arche avec sa famille, et en fait sortir les animaux domestiques, les petits mammifères et les oiseaux, c’est-à-dire, comme l’indique cette insistance à citer seulement ces trois catégories, les animaux utiles à l’homme, et habitant son voisinage dans ces plaines et collines fertiles qui étaient son seul séjour.

Noé construit aussitôt un autel, et offre un sacrifice, en retour duquel Dieu lui fait la promesse qu’il n’y aura plus de déluge sur la terre : Neque erit ultra diluvium ad disperdendam terram. Le signe de cette alliance entre Dieu et la terre fertile est l’arc-en-ciel : Arcum meum ponam in nube, et erit signum fœderis inter me et inter terram. Cette magnifique apparition, cette admirable coloration de la lumière du soleil réfractée suivant un certain angle, ne peut se produire que dans les gouttes limpides et sphériques d’une pluie passagère et fécondante : il ne

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pouvait pas être fait un meilleur choix pour représenter un gage de sécurité et d’espérance.

Nous n’ajouterons qu’un mot, au sujet d’une dernière difficulté soulevée entre les géologues et les commentateurs de la Bible.

Si la géologie n’a pas d’échelle pour les temps fossilifères, quelques phénomènes qui se continuent aujourd’hui, comme la formation des deltas d’embouchures, celle des tourbières et celle des dunes, comme le changement de climat par le déplacement du grand axe de l’orbite terrestre, s’accordent pour demander plus de 4000 ans depuis le déluge, plus de 6000 ans depuis la création de l’homme.

Il faut répondre que la chronologie qui fixe à l’an 4000 d’Adam la naissance de J. -G. n’est pas une conséquence certaine du texte biblique, mais une opinion de Scaliger, auteur protestant de la fin du xvie siècle, qui, se trouvant correspondre au calcul ordinaire d’après laVulgate, s’est implantée peu à peu, jusqu’à nos jours, grâce aux petits livres obligatoires et à nos habitudes routinières, dans l’enseignement classique.

Mais la version des Septante, adoptée dans les premiers siècles de l’Eglise, et suivie dans le comput du Martyrologe romain, donne 5199 ans, au lieu de 4000; mais il y a, d’après les différents textes, plus de 150 chronologies bibliques différentes, « construites péniblement, dit le P. de Valroger, par des érudits qui n’étaient pas inspirés. » Elles ne s’accordent que depuis Abraham.

« Il est très-possible, dit le savant évêque de Châlons4,

1 Me1' Maignan, le Monde et l’Homme 'primitif selon la Bible.

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