CHAPITRE I
PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES
LES LIMITES DU DOMAINE DE L’iIOMME
C’est un spectacle qui écrase le spectateur, et qui de terreur en terreur, d’admiration en admiration, porte la pensée de l’homme jusqu’à Dieu , pour qui seul rien n’est haut , rien n’est vaste.
Lamartine.
On a beau avoir lu dans les livres que la terre est un globe de 40,000 kilomètres de tour, dont notre horizon n’est qu’un tout petit cercle, et que les inégalités de ce globe ne sont que des rides imperceptibles par rapport à sa grosseur, l’imagination a besoin du témoignage des yeux. Les plus instruits et les mieux préparés sont toujours saisis d’une stupéfaction émue à l’aspect des grands spectacles qui révèlent les vraies dimensions du monde. L’homme des montagnes reste ébahi en voyant l’Océan pour la première fois, comme l’homme des plages basses en apercevant les escarpements neigeux des Alpes ; l’un a mesuré la largeur des cercles, l’autre la hauteur des rides : tous deux reconnaissent la petitesse de l’homme et la grandeur de Dieu.