CH A TITRE IX
tous ces éléments, dont l’épaisseur décroît naturellement du centre à la circonférence, s’ajoute au gonflement du sol pour faire une montagne.
Vus de près, peu de temps après l’éruption, les courants de laves refroidis forment des masses aplaties dans les vallons ou dans les légères dépressions du sol de la montagne. Ils ont quelque ressemblance, dans leur forme générale, avec les glaciers, dont nous parlerons au prochain chapitre. Leur surface rugueuse, semée de cassures, de bizarres aspérités, restel ongtemps inattaquable par les agents atmosphériques, et incapable de végétation. 11 y en a en Auvergne qui datent des temps tertiaires, et semblent aussi récents que des laves de l’Etna ou du Vésuve datant de ce siècle-ci. La fig. 73, p. 235, représente la coulée de lave ou cheire, qui s’étend du Puy de Louchadière à Pontgibaud; derrière elle est la coulée du Puy de Côme, plus grande et plus âpre encore.
Une disposition très - générale des montagnes volcaniques, dont nous chercherons plus loin l’explication, est que les cônes actuels sont très-souvent entourés d’une sorte d’immense enceinte arrondie en forme de cirque, dont les parois à pic sont tournées vers le cône. Cette disposition, qui n’appartient qu’aux volcans, peut servir à les reconnaître, même avant d’avoir vérifié la nature de leurs roches. 11 suffît, par exemple, de jeter les yeux sur une bonne carte des environs de Rome pour voir immédiatement que le fameux monte Albano, où étaient Albe-la-Longue , Aride et le bois sacré de Diane; plus tard, Tusculum et le camp d’Annibal; de nos jours. Roccadi-Papa et le camp des zouaves pontificaux, n’est autre qu’un ancien volcan. Ce volcan a eu successivement trois cratères, dont le plus grand, occupé par un lac, est représenté dans la figure 118. La montagne entière est
LES VOLCANS
bien plus considérable que le Vésuve, el les coulées de laves couvrent tout le pays, depuis la mer jusqu’aux portes de Rome.
Fig. 1 18. — Lac -cratère d'Albano.
La campagne romaine contient d’autres volcans éteints; tout le pays est volcanique ; les contemporains de Tite- Live ou de Cicéron ne s’en doutaient guère; il est vrai qu’aujourd’hui nos collégiens, plus entretenus de Rome antique que de Rome moderne, ne s’en doutent pas davantage. Il y a à peine cent ans, du reste, que les habitants de l’Auvergne savent qu’ils habitent un sol récemment ravagé par des volcans et couvert de leurs coulées. Deux voyageurs, Guettard et Malesherbes, visitant l’Auvergne en 1755, au retour d’un voyage aux environs de Naples, annoncèrent les premiers au monde savant l’existence de véritables volcans éteints en Auvergne.
« Cette découverte, dit Boscowitz, parut une extravagance; à Clermont on s’en fâcha, à Paris on en rit, et