CHAPITRE IX
l’on railla les deux académiciens qui en étaient les auteurs. Il fallut toute l’éloquence de Montlosier et toute la persévérance de Faujas pour démontrer la réalité d’une chose patente, irrécusable, et que tout le monde pouvait, alors comme aujourd’hui, voir et toucher.
« Du reste, ajoute le même auteur, les habitants d’IIerculanum et de Pompéi ont bâti leurs maisons avec les laves du Vésuve ; ils ont labouré sur ses scories et ses cendres; ils ont cueilli les fruits du châtaignier dans son cratère, là où Sparlacus, le héros, avait campé avec ses compagnons; ils ont longtemps vécu en paix, sans se douter que la montagne qui leur donnait d’abondantes vendanges et de belles récoltes était un volcan assoupi, dont le réveil serait le signal de leur ruine. »
Nous ajouterons, pour rassurer les habitants des contrées volcaniques de l’Auvergne, que s’il y avait eu des géologues à Naples avant la terrible éruption qui coûta la vie à Pline, ils auraient trouvé dans l’activité persistante de ces fumaroles, solfatares, etc., fréquentes aux champs phlégréens et dans tous les environs du Vésuve, des sujets d’inquiétude que n’offrent plus l’Auvergne et le Velay, dont les dernières Iraces d’activité volcanique ont depuis longtemps disparu.
Si donc nous avons des lecteurs à Clermont-Ferrand ou au Puy, à Murat ou à Brioude, aux bains de Royat ou du mont Dore, ils peuvent lire ce chapitre sans qu’il devienne pour eux une occasion de cauchemars.
Une éruption volcanique est un des plus grandioses et des plus terribles spectacles auxquels l'homme puisse assister. Elle est annoncée par des grondements et des détonations souterraines, croissant d’intensité pendant
LES VOLCANS
plusieurs jours, par des craquements du sol d’où sortent des fumées, souvent même par de violents tremblements de terre.
Ces tremblements de terre, qui se produisent avant et pendant le commencement de l’éruption, peuvent être pour les villes des pays volcaniques un danger plus terrible que les éruptions elles- mêmes. Ainsi la malheureuse ville de Torre-del-Greco , bâtie au pied du Vésuve, et maintes fois ravagée par les laves, a été encore détruite le 8 décembre 1801 ; il faut dire que, cette fois, elle a éprouvé vingt-une secousses depuis onze heures du matin jusqu’à trois heures d’après midi , moment où se produisit une violente éruption, non par le cratère principal, mais par un orifice situé presque au pied du Vésuve, du côté de la ville.
C’est tout à fait ainsi que Caracas, située sur une fissure volcanique, la Pointe-à-Pitre, au pied du volcan la soufrière de la Guadeloupe, Quito, au pied du Pichincha, un des plus hauts volcans du monde, etc., ont été plusieurs fois détruits par des tremblements de terre.
La Calabre doit les fréquents tremblements de terre qui la désolent à ce qu’elle est située au milieu d’un demi -cercle de régions volcaniques, qui probablement communiquent entre elles par-dessous ce malheureux pays, les régions de l’Etna , des îles Lipari et du Vésuve.
Les tremblements de terre volcaniques , qui sont les plus terribles, sont habituellement circonscrits dans les régions signalées par l’existence des volcans ; celui de Lisbonne a été une exception sous ce rapport. Nous verrons, à propos de la démolition des montagnes, quelle est la cause probable des tremblements de terre moins violents que l’on ressent dans les autres pays. Revenons aux éruptions.