‹ Les montagnesChapitre 205 sur 313 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tesque vague de pierres, puis se gonile de nouveau, poui s’écrouler encore, et toujours ainsi, comblant les ravins, envahissant les plaines, brûlant les arbres, enlaçant, puis

Fia. 121. — Courant de lave vu de près.

Au premier plan, à droite, des végétaux et débris d’une par le courant flottant à sa surface.)

saillie enlevée

écrasant ou recouvrant les maisons qu il rencontre sui son passage.

11 est rare que de grands courants de lave s épanchent par le cratère terminal des grands volcans ; le plus souvent le poids de la lave, soulevée dans la cheminée

LES VOLCANS

principale, injecte le liquide des parties profondes, à travers les couches meubles, par des fissures latérales, jusqu’en un point assez bas des flancs de la montagne, où se reproduisent en moins de temps et sur une moindre échelle les premiers phénomènes d’une éruption : explosion, jets violents de cendres et de scories, production d’un cône de débris, puis montée de la lave, qui , en s’épanchant, ébréche le cratère, et abaisse sans cesse, en dissolvant son bord inférieur, l’ouverture qui la vomit.

Le Vésuve lui-même, comme le montre la carte , p. 403, a fourni, dans les temps historiques, plus de coulées par des crevasses latérales que par son sommet; et pourtant c’est un volcan de médiocre taille.

Mais l’Etna (fig. 122), qui est presque trois fois plus haut, et couvre dix fois plus de surface que le Vésuve (les cartes de ces deux volcans sont à la même échelle), a ses flancs couverts d’innombrables cônes d’éruption. Les petits sont hauts de 30 à 40 m, et les grands atteignent 100, 200, 300 m même; chacun est accompagné de sa coulée de lave. Quelques-unes de ces coulées, qui ont mis des mois à faire leur trajet, atteignent 20 kilom. de longueur et 10 de largeur: par exemple, celle qui détruisit la moitié de la ville de Catane, en 1669.

Il y a des centaines de ces coulées les unes sur les autres, séparées par des centaines de couches de cendres et de scories, et leur accumulation successive , superposée à une tuméfaction des couches intérieures par les infiltrations de la roche fondue qui s’y presse, constitue cet énorme mont Etna, qui, malgré son immense base et sa faible pente (fig. 123), arrive aux altitudes neigeuses (3320 m), et laisse bien au-dessous de lui les plus hauts sommets des Apennins.

Les volcans géants du nouveau continent, comme le

Page 1